Alors que le monde entier s’intéresse au pétrole et au gaz qui transitent par le détroit d’Ormuz; il y a d’autres matières essentielles qui se retrouvent également bloquées, comme les engrais.
Pour ceux qui ne le savent pas, environ un tiers du commerce maritime mondial d’engrais transite par le détroit d’Ormuz. Cette route critique a été gravement perturbée depuis le début de la guerre, le 28 février 2026. Le trafic s’arrêtant pratiquement et plusieurs navires ayant été touchés par des projectiles dans ou à proximité de la voie navigable.
Crise au mauvais moment
Et le moment est critique. Les agriculteurs de l’hémisphère nord entrent dans les mois critiques du printemps, période durant laquelle les principaux travaux agricoles doivent commencer. Leurs homologues de l’hémisphère sud, quant à eux, s’occupent à récolter les cultures avant l’arrivée de l’hiver. Cependant, leur travail se déroule désormais alors que la guerre en Iran crée d’importantes contraintes d’approvisionnement pour les produits fertilisants essentiels. Ce qui provoque des flambées de prix spectaculaires et des avertissements concernant une insécurité alimentaire imminente.
Les contrats à terme sur les engrais sont moins liquides que d’autres matières premières. Ce qui rend les prix plus opaques. Les prix de l’urée et de l’ammoniac ont déjà bondi, respectivement d’environ 50 % et 20 %, depuis le début des hostilités. D’autres engrais, comme la potasse et le soufre, voient également leur prix augmenter. Au-delà de l’Arabie saoudite, du Koweït, du Qatar et des Émirats arabes unis, l’Iran est un producteur important d’engrais azotés et l’un des plus grands exportateurs mondiaux.
C’est donc une longue chaîne d’approvisionnement sur laquelle pèse une menace. Si les agriculteurs ne peuvent pas obtenir l’urée dont ils ont besoin, les rendements agricoles diminueront inévitablement. Il y aura des stocks qu’on pourraient utiliser, de sorte que l’on ne verra pas vraiment d’impact sur les rendements agricoles et une perte de production agricole avant la fin de l’année.
Pas de craintes pour la sécurité alimentaire
Toutefois, sauter une saison de production de certains fertilisants est un exercice qui comporte des risques. L’azote est par exemple un élément indispensable qu’il faut apporter à la plante chaque année. L’urée s’utilise pour la croissance de diverses cultures, notamment le maïs, le blé, le colza et certains fruits et légumes. La corrélation est directe entre l’application de ces engrais et le rendement agricole final.
Les marchés étaient entrés en 2026 avec des stocks relativement élevés de produits alimentaires de base dépendant des livraisons d’engrais. Ce qui signifie qu’il existe des stocks tampons qui pourraient aider à compenser certaines pénuries de maïs, de blé, de soja et de riz. Certes, il n’y aura pas de famine, mais les circonstances actuelles provoqueraient une inflation alimentaire. Les pays émergents et en développement sont plus susceptibles de ressentir le plus fort de l’impact. L’Afrique est avertie.