Quatre grands rendez‑vous internationaux qui redessinent peu à peu la carte des partenariats entre la Tunisie, la France, l’Afrique, la Méditerranée et le reste du monde. C’est ce que laisse apparaître la rencontre entre l’ambassadrice de France en Tunisie, Anne Guéguen, et les journalistes des différents médias. Y ont été présentées les grandes échéances au premier semestre 2026.
Partant d’un rappel historique, Anne Guéguen souligne que la Tunisie est considérée comme un partenaire privilégié de la France, jouant un rôle clé dans la réponse aux défis globaux et régionaux. Elle précise dans ce contexte : “Les deux pays entretiennent à travers la Méditerranée un partenariat profond, dense et fondé sur le respect mutuel entre nations souveraines, le bénéfice réciproque, ainsi que des liens humains, culturels et économiques très forts. Les deux présidents de la République se sont entretenus par téléphone le 20 mars dernier et ont réaffirmé leur volonté d’avancer, en s’appuyant sur leurs intérêts communs et leur attachement mutuel au multilatéralisme.”
Elle ajoute : “Dans ce cadre, la France présente quatre grandes échéances internationales coorganisées en première partie de 2026, susceptibles d’intéresser la Tunisie, les Tunisiens et les Tunisiennes. Tout d’abord, le Sommet One Health, qui se tiendra le 7 avril à Lyon. Cet événement vise à accélérer la mise en œuvre de l’approche “une seule santé”, intégrant la santé humaine, animale, végétale et environnementale. Et ce, afin de prévenir les risques sanitaires, alimentaires et environnementaux. Cette approche devrait devenir une référence pour les politiques publiques, intégrée de manière systématique dans toutes les dimensions de l’action publique. La Tunisie, déjà engagée dans cette démarche, avait accueilli en juin 2025 à Tunis la conférence régionale One Health MENA, lors de laquelle le ministre de la Santé tunisien a fait adopter par ses homologues la Déclaration de Carthage sur l’approche One Health.”
Ensuite, le Sommet Afrique‑France Africa Forward, qui se déroulera les 11 et 12 mai à Nairobi. Ce rendez‑vous marque un renouvellement des partenariats entre l’Afrique et la France, engagé depuis une dizaine d’années. Il s’agit d’encourager l’innovation, la croissance et l’intégration du continent africain dans la gouvernance mondiale, en s’appuyant davantage sur l’écoute, le dialogue et des relations équilibrées.
L’objectif est également de promouvoir un multilatéralisme inclusif et de renforcer les échanges économiques. Tout en donnant une place accrue aux sociétés civiles, aux diasporas, aux jeunes et aux acteurs culturels et économiques.
La Tunisie est invitée à ce sommet et est appelée à jouer un rôle dans les débats sur l’industrialisation durable et la transition énergétique, en lien avec les défis et objectifs communs. Un forum d’affaires « Inspire and Connect », associé à ce rendez‑vous, est également susceptible d’intéresser de nombreux entrepreneurs tunisiens.
La troisième échéance est le lancement de la Saison Méditerranée 2026, à partir du 15 mai à Marseille. Cette initiative vise à célébrer la richesse culturelle du bassin méditerranéen et à renforcer les échanges entre les deux rives. Elle met par ailleurs en avant la jeunesse et les diasporas comme vecteurs de dialogue et de coopération. La Tunisie occupe une place centrale dans cette saison, avec 29 projets labellisés impliquant des artistes tunisiens. Ce qui illustre l’étendue de la coopération culturelle franco‑tunisienne.
Enfin, la quatrième grande échéance est le sommet du G7, qui se tiendra du 15 au 17 juin à Évian, dans le cadre de la présidence française du G7 en 2026. Cette présidence vise à recentrer le G7 sur sa vocation originelle : offrir un espace de dialogue économique entre grandes puissances pour répondre aux déséquilibres macroéconomiques qui fragilisent la stabilité mondiale. Dans un contexte marqué par l’incertitude et la fragmentation internationale, la France souhaite renouveler les partenariats, moderniser l’architecture du développement et renforcer l’efficacité de la coopération internationale. Les objectifs annoncés sont notamment de réduire les déséquilibres macroéconomiques mondiaux, renforcer la résilience des chaînes de valeur, moderniser l’architecture financière internationale et promouvoir des partenariats plus inclusifs.
D’un point de vue économique, ces quatre rendez‑vous internationaux offrent à la Tunisie une opportunité de consolider son rôle de hub entre l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe. Et ce, dans un contexte où la France demeure son premier partenaire commercial et son premier investisseur étranger.
Les discussions autour de l’industrialisation durable, de la transition énergétique, de la santé et de la gouvernance du commerce et des hydrocarbures pourraient nourrir de nouveaux projets d’investissements, de partenariats publics‑privés et de chaînes de valeur plus résilientes.
