À la veille de la Journée mondiale de l’eau, la présidente du Réseau arabe pour la souveraineté alimentaire, Razan Zuayter a averti que l’intensification des conflits au Moyen-Orient, notamment la guerre contre l’Iran, accentue fortement les menaces sur la sécurité hydrique, en raison du ciblage croissant des infrastructures liées à l’eau. Elle a souligné, dans une interview accordée à l’agence TAP, que l’utilisation de l’eau comme arme constitue une menace directe et grave, susceptible d’affecter des millions de personnes dans une région déjà marquée par une rareté extrême de cette ressource.
Elle considère que les attaques récentes contre des installations de dessalement, en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis entre autres, illustrent une escalade préoccupante, avec des conséquences immédiates sur l’approvisionnement en eau potable. Elle rappelle que de telles pratiques ne sont pas nouvelles, évoquant des exemples récurrents dans plusieurs conflits, notamment en Palestine, où la destruction et la pollution des infrastructures hydrauliques aggravent la vulnérabilité des populations.
Razan Zuayter explique que les répercussions pourraient être particulièrement sévères pour les pays dépendant du dessalement, certains États du Golfe reposant jusqu’à 90 % sur cette technologie. Une interruption prolongée entraînerait des pénuries rapides, paralysant les grandes villes et provoquant crises sanitaires, déplacements de populations et perturbations économiques majeures.
Face à ces risques, elle insiste sur la nécessité d’adopter des mesures urgentes, incluant le renforcement de la coopération régionale, l’amélioration de la gestion de l’eau et la diversification des sources. Elle plaide également pour une diplomatie de l’eau fondée sur des accords contraignants afin de protéger les infrastructures et garantir une gestion équitable et durable des ressources.