La Tunisie a officiellement reconnu « l’état de sécheresse comme calamité naturelle » pour la campagne agricole 2023-2024 dans 12 gouvernorats. Cette décision, publiée au Journal officiel le 17 mars 2026, permet d’activer le Fonds d’indemnisation des dommages agricoles afin de compenser les agriculteurs touchés.
Sont concernés les producteurs de grandes cultures (céréales, légumineuses, etc.) dans les régions de La Manouba, Zaghouan, Ben Arous, Ariana, Le Kef, Béja, Jendouba, Nabeul, Kasserine, Bizerte, Siliana et Kairouan, affectées par le manque de pluie. Cette mesure fait suite aux évaluations de la Commission nationale des catastrophes naturelles réalisées en 2024 et 2025.
Les agriculteurs inscrits au Fonds pourront recevoir des indemnités calculées selon les pertes constatées sur leurs exploitations. Un rééchelonnement des dettes est également prévu pour ceux ayant contracté des prêts saisonniers et subi des pertes avérées. Les intérêts liés à ce rééchelonnement seront pris en charge par le Fonds national de garantie.
Certaines conditions s’appliquent toutefois : les exploitations situées dans les zones irriguées ne sont pas éligibles, et toute demande devra être accompagnée d’un certificat technique délivré par les autorités agricoles régionales, confirmant que les dégâts sont dus à la sécheresse.
Cette décision s’inscrit dans la stratégie de l’État pour limiter l’impact des changements climatiques sur l’agriculture, soutenir les producteurs et préserver les filières essentielles à l’économie nationale.