Les États-Unis peinent à rallier leurs alliés à une coalition navale destinée à sécuriser le détroit d’Ormuz, une artère stratégique pour le commerce mondial de l’énergie. Alors que la guerre contre l’Iran continue de bouleverser la région.
Lors d’une conférence de presse à Washington lundi 16 mars, Trump a déclaré que de nombreux pays lui avaient assuré être prêts à apporter leur aide, mais a exprimé sa frustration face à la présence d’un grand nombre de troupes américaines chez certains alliés de longue date : « Certains sont très enthousiastes, d’autres moins. Il s’agit de pays que nous aidons depuis de très nombreuses années. Nous les avons protégés de terribles menaces extérieures, et pourtant, ils n’étaient pas si enthousiastes. Et le niveau d’enthousiasme compte pour moi ».
Rappelons que Trump a appelé, dimanche 15 mars, plusieurs pays à participer à une mission visant à protéger la navigation dans ce passage maritime crucial. Environ 20 % du pétrole et du gaz liquéfié transportés par voie maritime dans le monde transitent habituellement par ce détroit, situé entre l’Iran et Oman.
Selon le président américain, les pays dépendant du pétrole du Golfe devraient contribuer à la protection de cette route énergétique. Washington affirme avoir contacté au moins sept pays pour discuter de l’envoi de navires militaires afin d’escorter les pétroliers.
Mais plusieurs partenaires clés ont déjà exprimé leurs réticences. Le Japon et l’Australie ont indiqué qu’ils ne prévoyaient pas d’envoyer de bâtiments de guerre pour sécuriser le détroit, malgré l’appel de Washington.
La Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a expliqué que son pays étudiait encore ses options dans le respect de son cadre juridique et de sa Constitution pacifiste, qui limite les opérations militaires à l’étranger.
Du côté australien, le gouvernement a également précisé qu’aucune demande officielle n’avait été formulée pour l’envoi de navires et qu’une telle contribution n’était pas envisagée à ce stade.
L’Allemagne, l’Espagne et l’Italie ont déclaré de leur côté n’avoir aucun projet immédiat d’envoyer des navires pour aider à rouvrir cette voie navigable stratégique, que l’Iran a effectivement fermée à l’aide de drones et de mines navales.
« Nous n’avons pas le mandat des Nations unies, de l’Union européenne ou de l’OTAN requis par la Loi fondamentale », a déclaré le chancelier allemand, Friedrich Merz, à Berlin. Tout en ajoutant que Washington et Israël n’avaient pas consulté l’Allemagne avant de déclencher la guerre. C’est pourquoi la question de savoir comment l’Allemagne pourrait s’impliquer militairement ici ne se pose pas.
Ces refus illustrent les divisions entre Washington et ses alliés au moment où la guerre contre l’Iran perturbe fortement les marchés énergétiques et la sécurité maritime dans le Golfe. Le détroit d’Ormuz est devenu un point névralgique du conflit, l’Iran étant accusé d’avoir menacé ou entravé le passage de navires commerciaux dans cette zone stratégique.