La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) alerte, dans sa mise à jour de mars 2026, sur l’érosion des règles du commerce mondial et appelle à une réforme urgente de l’Organisation mondiale du commerce afin de restaurer la prévisibilité du système et soutenir le développement, en particulier dans les pays les plus vulnérables.
Selon le rapport, le recours croissant à des mesures commerciales discriminatoires – droits de douane, restrictions technologiques ou filtrage des investissements – fragilise un cadre multilatéral censé garantir un accès stable aux marchés. Cette instabilité pèse surtout sur les pays en développement, notamment ceux dits pauvres, dont les économies, souvent peu diversifiées, restent exposées aux chocs extérieurs.
Le commerce demeure pourtant un levier clé de croissance. Il finance les importations essentielles, favorise les transferts de technologies et soutient l’emploi. Le commerce Sud-Sud a connu une expansion spectaculaire, rappelle l’organisation onusienne, passant de 500 milliards de dollars en 1995 à 6 800 milliards en 2025, soit plus d’un quart des échanges mondiaux. Malgré cela, les pays les moins avancés restent marginalisés, ne représentant que 1,1 % des exportations mondiales en 2024, loin de l’objectif de 2 % fixé pour 2030, regrettent les experts de la Cnuced.
L’organisation insiste également sur l’urgence de rétablir un mécanisme de règlement des différends pleinement opérationnel. Paralysé par le blocage de l’organe d’appel, ce système – pourtant crucial pour garantir l’équité entre États – est de moins en moins utilisé, avec une chute marquée des litiges engagés depuis 2020.
Enfin, le rapport souligne que les transformations du commerce mondial, notamment dans les services, le numérique et la transition écologique, risquent d’accentuer les inégalités. Les pays les moins avancés restent quasi absents de ces secteurs, représentant moins de 1 % des exportations de services.
Pour y remédier, la Cnuced plaide pour des règles plus claires, un soutien accru aux pays en développement et le renforcement du traitement spécial et différencié. L’objectif : replacer le développement au cœur du système commercial et préserver le rôle du commerce comme moteur de croissance inclusive.