La montée des tensions au Moyen-Orient fait exploser les tarifs du transport pétrolier, tandis que les marchés redoutent une perturbation durable des flux énergétiques mondiaux dans le détroit d’Ormuz, l’un des points névralgiques du commerce mondial de pétrole et de gaz.
Selon des données du secteur maritime rapportées jeudi 5 mars par TradeWinds, les taux d’affrètement des superpétroliers ont atteint des niveaux record ces derniers jours. La montée des risques sécuritaires dans le Golfe persique a poussé de nombreux armateurs et assureurs à suspendre ou à limiter le passage des navires dans cette zone stratégique, faisant grimper brutalement les coûts du transport maritime.
Le blocus de facto du détroit d’Ormuz se révèle être une arme à double tranchant pour les armateurs en termes de taux de fret, car, d’une part, les taux de fret pour les très grands pétroliers (VLCC) dépassent 400 000 dollars; tandis que, d’autre part, si cette situation perdure, le marché se tournera vers d’autres marchés plus économiques, tels que la Russie et l’Extrême-Orient, ainsi que vers des routes alternatives.
Le détroit d’Ormuz constitue une artère vitale pour l’approvisionnement énergétique mondial : près de 20 % du pétrole consommé dans le monde y transite chaque jour, en provenance de producteurs majeurs comme l’Arabie saoudite, l’Irak, les Émirats arabes unis, le Koweït ou le Qatar.
Or, l’escalade militaire entre l’Iran d’un côté et les États-Unis et Israël de l’autre a considérablement perturbé le trafic maritime. Plusieurs pétroliers ont été endommagés et de nombreux navires ont dû jeter l’ancre ou modifier leur route. Ce qui ralentit fortement les exportations d’hydrocarbures du Golfe.
Face à ces risques, certaines compagnies maritimes et négociants ont suspendu leurs expéditions de pétrole et de gaz naturel liquéfié via la zone. Le ralentissement du trafic s’accompagne d’une hausse des primes d’assurance et d’une forte volatilité sur les marchés énergétiques.
Dans ce contexte, les marchés surveillent surtout le risque d’un blocage prolongé du détroit d’Ormuz. Une telle évolution pourrait provoquer un choc énergétique mondial, accentuer la hausse des prix du pétrole et redessiner les flux du commerce pétrolier international.