La guerre déclenchée contre l’Iran a révélé un effritement des solidarités diplomatiques et normatives, avec des États réagissant selon des logiques distinctes, stratégiques, juridiques ou sécuritaires. Cette imprévisibilité politique accroît les risques de déstabilisation régionale et impose à l’économie mondiale un nouveau facteur d’incertitude durable.
L’opération militaire lancée le 28 février par les États-Unis et Israël contre l’Iran a immédiatement mis en évidence la disparité des réponses internationales. Contrairement aux guerres précédentes où des blocs géopolitiques restaient relativement cohérents, la crise actuelle montre que même les alliances traditionnelles comme l’OTAN ou les BRICS peinent à définir une position unifiée face à l’usage de la force.
La guerre en Iran révèle la fragilité du front occidental
En Europe, l’absence d’un langage diplomatique commun sur la légalité et la légitimité des frappes a mis en lumière la fragilité de la solidarité occidentale : certains États revendiquent l’importance du droit international, d’autres soulignent la nécessité de dissuader Téhéran, et d’autres encore s’abstiennent de toute critique. Cette hétérogénéité normative mine la capacité de l’Union européenne à proposer une réponse politique ou économique consolidée.
Dans le Golfe, la riposte iranienne qui a affecté des territoires sous influence américaine a transformé des pays hôtes en acteurs potentiels du conflit. L’Arabie saoudite, le Qatar et les autres pays du Conseil de coopération du golfe (CCG) ont déclaré, lors d’une réunion virtuelle dimanche 1er mars, leur volonté de défendre leurs intérêts. Ce qui modifie profondément la dynamique sécuritaire régionale et pose des questions sensibles sur la durabilité des routes maritimes, sur les investissements étrangers et sur la stabilité des marchés pétroliers.
Le paysage diplomatique global révèle également que des grandes coalitions comme les BRICS+ peinent à forger une position commune sur le conflit : alors que la Russie qualifie l’intervention de « guerre d’agression », l’Arabie saoudite, les Émirats et d’autres États du Sud adoptent des postures critiques à l’égard de Téhéran. Cette absence de consensus international rend plus incertaine la capacité des institutions globales à contenir les effets géopolitiques et économiques de cette crise…