Dans un contexte de fortes tensions régionales et de craintes croissantes sur la sécurité des approvisionnements énergétiques, l’Algérie se prépare à renforcer sa présence sur le marché mondial du gaz naturel liquéfié (GNL) en augmentant ses ventes sur le marché au comptant.
Selon des sources citées dimanche 1er mars par la plateforme énergétique ‘Energy’ basée à Washington, les autorités algériennes entendent tirer parti des opportunités de prix offertes par le marché spot; alors que les risques géopolitiques liés à la guerre contre l’Iran alimentent les anticipations de hausse de la demande mondiale. Des préparatifs opérationnels seraient en cours afin d’accélérer le rythme de chargement des cargaisons de GNL dans les prochains jours.
L’Algérie envisagerait également de rediriger une partie de ses livraisons vers des pays arabes importateurs, en cas de demande urgente liée à d’éventuelles pénuries. Parmi les destinations potentielles figurent l’Égypte, le Koweït, la Jordanie et Bahreïn, selon les mêmes sources.
Cette stratégie intervient alors que les marchés mondiaux de l’énergie s’inquiètent des conséquences d’une escalade militaire prolongée sur les routes maritimes stratégiques, notamment le détroit d’Ormuz, passage clé pour une part significative des exportations mondiales de gaz et de pétrole. Ces risques renforcent l’attrait des fournisseurs capables de proposer rapidement des volumes alternatifs sur le marché spot.
L’État algérien cherche ainsi à valoriser pleinement ses capacités de production et de liquéfaction disponibles, en orientant des volumes supplémentaires de GNL vers les marchés au comptant, profitant des prévisions de hausse des prix et de la demande en Asie, en Europe et au Moyen-Orient.
L’Égypte demeure particulièrement exposée à une dégradation de la situation régionale. Le pays dépend en effet du gaz israélien pour couvrir entre 15 % et 20 % de sa consommation totale, notamment lors des pics estivaux. La Jordanie, de son côté, s’appuie largement sur ces importations pour alimenter ses centrales électriques.
Toute fermeture prolongée des champs gaziers israéliens, en particulier du gisement offshore Léviathan – censé produire environ 12 milliards de mètres cubes par an, avec un objectif porté à 14 milliards à l’horizon 2026 -, pourrait entraîner une réduction drastique, voire un arrêt, des exportations vers l’Égypte et la Jordanie, comme lors d’épisodes précédents d’escalade. Du reste, en juin 2025, l’interruption de la production avait déjà contraint Le Caire à rationner le gaz destiné à certaines industries afin de préserver l’approvisionnement du secteur électrique.
Ces perturbations avaient également affecté le marché égyptien des engrais, fortement dépendant du gaz naturel comme matière première, entraînant des tensions sur les exportations et une hausse des prix locaux. Autant de facteurs que l’Algérie intègre désormais dans ses calculs.
Dans ce contexte volatil, toute interruption soudaine renforce la valeur stratégique des livraisons rapides sur le marché au comptant. Offrant ainsi à l’Algérie une fenêtre d’opportunité pour consolider son rôle de fournisseur alternatif clé.