Dans le contexte d’une guerre commerciale mondiale persistante et de ses répercussions désastreuses sur l’économie internationale, particulièrement pour les pays en développement ou émergents dont la Tunisie, ainsi que face à la prolifération de l’économie parallèle, la création de zones franches frontalières devient fondamentale, voire vitale. Ces infrastructures permettraient de contenir l’économie parallèle, d’éradiquer la contrebande, de créer des opportunités d’emploi et de développer les régions frontalières.
Il faut rappeler que, depuis 2008, il était prévu de créer plusieurs zones franches commerciales sur les frontières tuniso-algériennes et tuniso-libyennes, à savoir la zone franche de Ben Guerdane entre la Tunisie et la Libye, la zone franche de Kasserine, la zone franche de Hazoua dans le gouvernorat de Tozeur, ainsi que les zones franches du Kef et de Jendouba sur les frontières tuniso-algériennes.
Dans ses récentes interventions, Mohamed Al Aïch, rapporteur de la Commission de l’investissement au Conseil national des régions et des districts, a exposé la vision stratégique de la Tunisie concernant les quatre grandes zones franches prévues le long de la frontière avec l’Algérie. Situés précisément dans les gouvernorats de Jendouba, Kasserine, Tozeur et du Kef, ces projets d’envergure sont perçus comme des leviers essentiels pour résoudre les problématiques structurelles des régions intérieures. Et ce, tout en dynamisant l’activité économique locale.
L’un des objectifs fondamentaux de la mise en place de ces espaces est de mobiliser une énergie nouvelle capable de contrer efficacement l’expansion du marché parallèle et de l’économie informelle. Bien que les fondements de ces infrastructures reposent sur des conventions bilatérales signées dès 2015 et renouvelées à plusieurs reprises jusqu’en 2024, leur exécution a longtemps été entravée par des litiges fonciers complexes qui ont ralenti les études techniques.
Néanmoins, à la suite de concertations avec le ministère du Commerce, un calendrier de mise en œuvre commence à se préciser. Il prévoit notamment le lancement effectif des travaux pour la zone franche de Bouchabka, dans le gouvernorat de Kasserine, à l’horizon 2027.
Ainsi, Mohamed Al Aïch a souligné que ces chantiers bénéficient désormais d’une priorité absolue de la part de l’État tunisien, bien qu’ils ne soient pas formellement intégrés dans le plan de développement 2026-2030, puisqu’ils disposent de leurs propres lignes de financement antérieures.
Cette volonté de finaliser ces zones franches témoigne d’un engagement fort pour transformer les régions frontalières en véritables pôles d’attractivité et de croissance.