OfficePlast vise 88 millions de dinars de chiffre d’affaires en 2030 et lance une levée de fonds de 26 millions
Yassine Abid, PDG d’OfficePlast, a annoncé une ambition forte pour le groupe. Le groupe vise un chiffre d’affaires consolidé de 88 millions de dinars en 2030, contre 55 millions attendus en 2026. Il prévoit un résultat d’exploitation de 13 millions de dinars et un résultat net de 9 millions de dinars à cet horizon. Cette croissance s’accompagnera d’une politique généreuse : le groupe distribuera des dividendes représentant 50 % des bénéfices.
Le groupe a prévu une levée de fonds structurée en deux phases pour déployer cette stratégie. La première tranche mobilisera 6 millions de dinars en numéraire. Le groupe distribuera les primes d’émission en actions gratuites. La seconde tranche atteindra 20 millions de dinars. Un partenaire stratégique la financera et détiendra 35 % du capital.
Yassine Abid s’exprimait le 16 février 2026 à Tunis lors d’une communication financière. Il présentait le plan de développement stratégique 2026-2030 du groupe, baptisé « Horizon 2030 ». Un cabinet de renommée internationale a élaboré ce plan. Le groupe l’a mandaté en janvier-juin 2025. Le plan vise à positionner OfficePlast comme un leader régional intégré. Il combinera activités industrielles et de distribution d’ici la fin de la décennie.
Une levée de fonds en deux phases pour financer l’expansion
La trajectoire de croissance prévoit une progression du chiffre d’affaires à 72 millions de dinars en 2028. Le groupe atteindra ensuite l’objectif de 88 millions deux ans plus tard. Cette expansion repose sur quatre piliers stratégiques.
Le premier pilier est un modèle intégré industrie-distribution. Il permet de maîtriser l’intégralité de la chaîne de valeur. Le deuxième pilier consiste en une stratégie internationale. Elle cible le bassin méditerranéen sud-européen et nord-africain. Le troisième pilier vise l’excellence industrielle à travers l’automatisation et la maîtrise énergétique. Le quatrième pilier développe une stratégie de valorisation des marques avec diversification de l’offre.
La première phase de la levée de fonds mobilisera 6 millions de dinars. Yassine Abid annonce un déploiement incessamment. Cette phase servira à réduire l’endettement. Elle financera aussi la reconstruction des infrastructures endommagées par l’incendie de juin 2025. Elle soutiendra également la croissance.
La seconde phase de 20 millions financera l’expansion internationale. Elle développera les filiales étrangères et financera les investissements industriels. Le groupe négocie actuellement avec plusieurs partenaires potentiels. Aucun accord n’a été signé à ce jour. Des professionnels du secteur accompagnent le groupe dans cette démarche. Yassine Abid espère finaliser la première levée durant le premier trimestre 2026. Il compte clôturer la seconde au cours de l’année.
Investissements industriels et diversification vers l’emballage
Sur le plan industriel, le groupe a déjà acquis une ligne de production importante. Elle triplera la capacité de fabrication de films en polypropylène. Dès 2026, elle permettra de diversifier l’offre vers le film d’emballage. Cette gamme inclura les films rétractables, étirables et destinés à l’agriculture.
Le groupe prévoit des investissements tactiques. Ils automatiseront les chaînes de production et amélioreront la qualité. Ils réduiront le taux de déchet et augmenteront la productivité.
La maîtrise énergétique constitue désormais un levier de rentabilité prioritaire selon le dirigeant. L’activité présente un caractère énergivore. Les marchés européens imposent des exigences réglementaires environnementales strictes, notamment en matière d’impact carbone. Un programme d’investissements énergétiques renforcera l’avantage concurrentiel du groupe face à ses concurrents.
Un volet d’investissements sécuritaires est en phase finale de mise en œuvre. Il vise à protéger l’outil de production, les stocks et les employés. Le groupe tire ces enseignements du sinistre de juin 2025.
Le groupe a progressivement élargi sa gamme de produits depuis 2006. Historiquement, il se spécialisait dans les protège-cahiers avec deux lignes de production initiales. OfficePlast couvre désormais l’ensemble des fournitures scolaires et de bureau. L’offre comprend trieurs, protège-documents, jeux d’intercalaires, fiches Bristol, boîtes de classement et classeurs. Elle inclut aussi pochettes perforées, articles de traçage, produits de rangement et ensembles de bureau.
La digitalisation du secteur bureautique entraîne une diminution de l’usage du papier. Elle réduit aussi la demande de produits de classement. Le groupe a décidé de valoriser son savoir-faire en extrusion et fabrication de films et plaques en polypropylène. Il se diversifie vers le secteur de l’emballage.
Cette diversification inclut les films étirables, rétractables et agricoles. Elle comprend aussi les plaques en polypropylène. Le groupe vend ces produits sur les marchés local, français et italien. Ils servent pour la publicité ou l’agriculture.
La France et l’Italie au cœur de l’ambition européenne
La stratégie d’expansion internationale repose sur le principe « pour chaque marché, une filiale ». Cette approche permet une adaptation optimale aux spécificités locales. Le groupe a créé la filiale française en 2024. Elle est opérationnelle depuis 2025 et a déjà réalisé un chiffre d’affaires de 1 million d’euros l’an dernier.
Yassine Abid table sur 8 millions de dinars en 2026 et 18 millions en 2030. Ces chiffres excluent les ventes directes que réalise la maison mère, notamment auprès du groupe Auchan. La stratégie commerciale privilégie désormais la vente directe aux magasins spécialisés. Elle délaisse les distributeurs grossistes et grandes surfaces.
Le groupe a signé un contrat de rétrocession avec Alcor Group. Cette coopérative figure parmi les principaux grossistes scolaires et bureautiques en France. L’accord représente un budget de 4 millions de dinars par an. Cette coopérative rassemble 300 adhérents et exploite deux plateformes. L’une d’elles se trouve à Saint-Quentin et s’étend sur 30 000 mètres carrés avec 40 000 références.
Cet accord permet de livrer directement les adhérents d’Alcor. Le groupe peut désormais fournir les produits non référencés dans leur catalogue central. Cette opportunité ouvre l’accès à une nouvelle catégorie de clients. Le groupe ne pouvait pas les atteindre auparavant en raison de contraintes logistiques.
Le groupe aborde le marché italien depuis plus de huit ans. Il opère à travers des importateurs et grandes surfaces. Yassine Abid a finalisé en janvier 2026 toutes les formalités administratives et bancaires. Il a créé la filiale italienne la même année.
Cette entité est désormais opérationnelle. Elle disposera d’un stock local et ciblera les petits grossistes. Ces derniers passent des commandes régulières de 3 000 à 4 000 euros tout au long de l’année. Cette stratégie permet de consolider le chiffre d’affaires. Elle réduit aussi la vulnérabilité face à la concurrence locale et chinoise qui tire les prix vers le bas. La filiale italienne vise 12 millions de dinars à l’horizon 2030.
Le Maroc, hub industriel pour l’Afrique subsaharienne
Le projet marocain revêt une importance stratégique selon l’intervenant. Deux facteurs expliquent cet intérêt. Le Maroc compte 8 millions d’élèves, soit quatre fois plus qu’en Tunisie. Il constitue aussi une porte d’entrée vers l’Afrique subsaharienne.
Le temps de transit depuis Agadir vers les marchés africains ne dépasse pas quatre jours par voie maritime. Deux départs hebdomadaires sont assurés. En comparaison, le transit depuis la Tunisie prend deux à trois mois. Le transit chinois nécessite trois semaines à un mois maximum.
Le groupe s’est associé avec le troisième distributeur marocain basé à Agadir. Ce partenaire commercial travaille avec OfficePlast depuis cinq ans. L’entité mixte industrie-distribution s’installe dans la zone industrielle de Drarga. Elle occupe un site de 4 000 mètres carrés. Le partenaire local possède ce terrain.
L’entité est opérationnelle depuis janvier 2026. Elle a démarré deux lignes de production de protège-cahiers. Le montage financier est finalisé. Le projet attend la levée de fonds, avec un objectif de 12 millions de dinars à terme dans le consolidé.
Consolidation en Tunisie et impact de l’incendie de juin 2025
Sur le marché tunisien, Yassine Abid prévoit la consolidation et le renforcement de la position du groupe. Il opère via Office Distribution et Office Store. Le dirigeant affirme qu’OfficePlast est leader en Tunisie. Le groupe définit la politique de prix que les concurrents suivent.
Il reconnaît que le marché parallèle et l’importation perturbent la distribution. Il assure toutefois qu’une nette amélioration a été constatée. Le groupe maîtrise mieux ces phénomènes. Les autorités appliquent davantage de rigueur au niveau des contrôles d’importation. Elles vérifient notamment la qualité et les certificats de conformité pour des produits utilisés par les enfants.
Le groupe réalise 80% de ses achats à l’importation. Il importe principalement des matières plastiques en provenance des pays du Golfe et d’Europe. Il achète aussi des cartons et des emballages. Les fabricants locaux de plastique sont absents. Ces achats se font essentiellement en dollars et en euros. Le groupe maîtrise globalement l’aspect des fluctuations de devises. Il maintient un équilibre entre pertes et gains de change sur la durée.
Concernant l’incendie du 25 juin 2025, Yassine Abid a confirmé que le sinistre avait uniquement concerné le stock de produits finis. Tous les équipements de production ont été épargnés. Le groupe a reconstitué le stock pour la rentrée scolaire locale comme prévu. Pratiquement tous les clients européens ont été livrés avec une à deux semaines de retard. Seuls quelques clients lointains n’ont pu être servis.
Le dirigeant affirme avoir communiqué les éléments relatifs au sinistre de manière transparente. L’assurance a procédé à deux remboursements successifs. Le dossier n’est pas encore clos. Le groupe définira les résultats de 2025 en fonction du remboursement final de la prime d’assurance.
Yassine Abid a réaffirmé que la société avait connu une croissance à deux chiffres depuis sa création. Elle a dégagé des bénéfices et distribué des dividendes. Il a reconnu l’impact de l’inflation et de l’explosion des prix. Il a souligné qu’en 2024, le groupe avait enregistré une croissance de plus de 20 % de son chiffre d’affaires. La maison mère a réalisé 35 millions de dinars de chiffre d’affaires. Elle vise entre 55 et 57 millions dans le cadre du plan de développement.
Sur le plan des ressources humaines, OfficePlast emploie actuellement entre 320 et 340 personnes. Une trentaine de personnes travaillent chez Office Distribution. Une vingtaine sont employées chez Office Store. Le groupe a constitué une équipe dotée d’un savoir-faire éprouvé. Cette expertise a été acquise à travers la participation à des foires internationales et les rencontres avec les clients. L’équipe gagne progressivement en autonomie.
Yassine Abid a rappelé l’orientation historique du groupe vers l’export. Le premier client en 2006 était français. Il a souligné que cette orientation internationale avait consolidé la croissance d’OfficePlast au cours des vingt dernières années.
Le groupe développe ses marques Purple et Yatoo. Elles couvrent un large éventail de marchés à travers une stratégie de distribution multicanal. Cette approche répond à la nécessité d’adapter l’offre aux particularités de chaque marché. Elle considère les produits, les circuits de distribution et la communication. Le marché français diffère du marché italien. Ce dernier est lui-même distinct des marchés marocain et tunisien.
Le dirigeant a évoqué la gestion des titres et la communication avec les actionnaires. La société est cotée en bourse depuis 2015. Elle a mis en place plusieurs contrats de liquidité avec des fonds dédiés. Ces dispositifs maintiennent et font évoluer le cours de l’action depuis plusieurs années.
Enfin, le groupe prend très au sérieux la menace des cyberattaques selon son dirigeant. Il cite l’exemple de partenaires étrangers. Des grandes enseignes françaises et italiennes ont été contraintes d’arrêter leurs activités pendant trois à quatre semaines. Ces incidents résultaient de cyberattaques. Le groupe déploie tous les moyens pour prévenir ces dangers.