La recherche scientifique constitue un moteur fondamental du développement et du progrès des sociétés modernes. En stimulant l’innovation, la découverte et une meilleure compréhension des phénomènes naturels et sociaux, elle joue un rôle clé pour répondre aux enjeux économiques, sanitaires et environnementaux. Dans ce cadre, s’engager dans la recherche est indispensable pour diversifier les points de vue et renforcer la créativité au sein des institutions scientifiques, particulièrement en Tunisie, où ce secteur est en pleine expansion.
C’est ce qui ressort du troisième atelier consacré à la validation du référentiel d’accréditation des établissements d’enseignement supérieur et de recherche scientifique, organisé par l’Agence tunisienne de l’évaluation et de l’accréditation dans l’enseignement supérieur et la recherche scientifique (ATEA) dans la journée du samedi 14 février 2026 à Tunis. Cet événement a rassemblé les acteurs du système universitaire et des représentants du secteur socio-économique pour analyser et enrichir le projet de référentiel.
Créée en 2022 sous la tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur, l’ATEA remplace deux instances antérieures : le CNEAR (Comité national d’évaluation des activités de recherche, fondé en 1997), chargé d’évaluer les laboratoires, unités et centres de recherche publics et universitaires, et l’Instance d’assurance qualité et d’accréditation (IAQA), active cinq ans sans jamais lancer d’accréditations réelles.
Rencontrée en marge de cet événement, la directrice générale de l’ATEA, Salma Damak, a fait savoir dans une déclaration à leconomistemaghrebin.com que cette réflexion, initiée en 2015, visait à doter le système universitaire d’une agence autonome, alignée sur les standards internationaux en matière de gouvernance indépendante, de transparence et de vivier d’experts élargi (collège scientifique, comité d’arbitrage, etc.).
Des actions concrètes lancées en 2025
Après deux ans de structuration administrative, l’ATEA a entamé en 2025 des campagnes récurrentes d’évaluation des structures de recherche, obligatoires pour maintenir l’excellence, établir des indicateurs de performance et orienter les financements. Selon elle, le pilier phare reste l’accréditation : un label de qualité délivré via une évaluation externe basée sur un référentiel couvrant 10 domaines et de multiples indicateurs. Ce processus distingue les établissements performants, valorise leurs diplômes, facilite les partenariats internationaux (comme les labels européens pour les écoles d’ingénieurs), booste la mobilité étudiante, l’employabilité et incite à une meilleure maîtrise des processus d’apprentissage, une ouverture au monde socio-économique et un suivi des besoins du marché du travail.
Un positionnement africain solide à consolider
Sur le plan scientifique, « la Tunisie excelle au niveau africain grâce à un vivier de chercheurs prolifiques, bien positionnés internationalement. Seul pays associé aux projets Horizon Europe jusqu’à récemment, elle bénéficie de financements européens via des partenariats solides. L’ATEA compte renforcer cette excellence par des évaluations nationales rigoureuses, pour promouvoir l’innovation et améliorer le rayonnement global. », conclut-elle.