Les institutions bancaires tunisiennes s’enlisent dans une crise de rentabilité alors que le secteur financier africain affiche des signaux encourageants pour 2026. L’analyse de S&P Global Ratings, publiée sous le titre « Africa Banking Outlook 2026: Favorable Conditions Support Loan Growth and Asset Quality », met en lumière le blocage du système bancaire tunisien, coincé entre l’inertie réformatrice et l’accumulation de prêts non performants.
L’agence de notation anticipe une conjoncture largement bénéfique pour l’essentiel des réseaux bancaires du continent durant l’exercice 2026. L’Égypte, le Maroc et le Nigeria devraient connaître une croissance soutenue de leur activité bancaire, quand l’Afrique du Sud s’oriente vers un redressement plus progressif. Cette embellie s’explique par des politiques de modernisation économique, un effort accru dans les projets d’infrastructure et l’accélération de la demande intérieure.
Si les turbulences géopolitiques constituent un élément de préoccupation pour les zones en développement, leur impact sur les indicateurs macroéconomiques africains demeure jusqu’ici limité, même si la fragilité face aux secousses mondiales persiste.
Un système bancaire tunisien englué dans ses faiblesses
La situation tunisienne tranche radicalement avec cette tendance continentale. L’agence américaine note explicitement que « le manque de transformations économiques d’envergure compromet les horizons » du pays. Les institutions financières tunisiennes, à l’instar de leurs consœurs marocaines, présentent des proportions de prêts douteux supérieures à la norme observée sur le continent, témoignant d’un stock d’engagements défaillants qui grève leurs comptes.
Le document souligne par ailleurs les retards accusés dans l’évolution du dispositif réglementaire. Une purge efficace des actifs dégradés nécessiterait, selon S&P, un arsenal juridique plus flexible autorisant des pratiques d’effacement de créances plus énergiques.
Entre fragilité durable et recours systématique à la banque centrale
En dépit de ces dysfonctionnements organisationnels et d’un niveau de risque onéreux, l’institution prévoit néanmoins que les groupes bancaires tunisiens conserveront une profitabilité globalement constante. Cette projection contraste avec le Nigeria et l’Égypte, où un recul des marges est prévu suite à la détente des taux directeurs, alors que les acteurs marocains et sud-africains devraient consolider leurs positions.
Concernant les modalités de financement, si la collecte auprès de la clientèle constitue le pilier de liquidité pour l’ensemble des banques africaines, les structures tunisiennes se caractérisent par un recours persistant aux mécanismes de refinancement de la Banque Centrale