Décidément, les Libyens ont du mal à se sortir de la crise politique dans laquelle ils ont été entraînés non seulement depuis la chute de Mouammar Kadhafi, mais aussi depuis l’assassinat de Saif al-Islam Kadhafi.
Pour comprendre ce qui se passe, l’expert en géopolitique, Rafaa Tabib, a souligné via son post en arabe, en corrigeant une idée répandue : croire que l’ordre d’assassiner Saif al-Islam Kadhafi émane d’acteurs libyens internes constitue une erreur grossière. Une telle décision systématique ne peut venir que de l’instigateur des liquidations successives de cadres libyens, le dernier en date étant le brigadier général Al-Haddad , révélant une stratégie orchestrée de l’extérieur pour éliminer les figures clés.
Il précise dans ce contexte: « Même si des factions locales semblent en profiter à court terme, à l’approche des élections présidentielles, le véritable commanditaire sait que dompter la Libye, la piller et exploiter ses richesses passe par l’élimination systématique de ses leaders.
Pour comprendre cet assassinat, il faut reconstituer le tableau complet. « Des entreprises européennes et turques ont conclu un accord pour exploiter le champ gazier et pétrolier de Ghadamès, contrôlé par des katibas de Zintan sous protection de Saif al-Islam ou d’une de ses ramifications. Parallèlement, la base de Watiya, occupée par des forces turco-atlantistes, sécurise les futurs pipelines vers les côtes », poursuit-il.
Avant d’ajouter: « Ces balles perfides, qui visent à rayer Saif al-Islam des équilibres politiques, frappent aussi l’initiative tuniso-algéro-égyptienne, accueillie favorablement par les Libyens. Elles signifient aux voisins : pas de rôle dans l’avenir libyen. Le pays devient une zone d’influence exclusive de l’Occident atlantiste, à l’image de la Syrie. Dans un monde déchiré par une guerre hybride impitoyable, mensonges, désinformation, manipulation, la souveraineté exige des sacrifices. L’avenir sera fait de trahisons, de combats et d’une détermination inébranlable ».
La question essentielle est de savoir quel en sera l’impact sur la Tunisie ? Rafaa Tabib conclut que pour Tunis, « la Libye n’est pas qu’un dossier diplomatique : c’est un enjeu vital. Sans son unité, son intégrité territoriale et la sécurité de son peuple, point de paix, de stabilité ou de développement. Il est temps de rompre avec les schémas obsolètes, d’adopter des positions plus audacieuses et de forger des alliances solides avec les patriotes libyens, de l’Est à l’Ouest… et jusqu’au Sud ».