Petit ouf de soulagement en Afrique. L’AGOA – pour African Growth and Opportunity Act -, l’accord permettant à plusieurs produits africains d’accéder au marché américain sans droits de douane, a été reconduit pour une période d’un an, c’est-à-dire jusqu’au 31 décembre 2026.
Jamieson Greer, représentant au Commerce de la Maison Blanche (USTR), a souligné dans un communiqué que l’AGOA a un effet rétroactif au 30 septembre 2025, date à laquelle il avait expiré.
A noter que cette extension de l’accord est incluse dans le texte promulgué mardi 3 février 2026 par Donald Trump, qui met fin à plus de trois jours de paralysie d’une partie de l’administration fédérale américaine. Cependant, en janvier dernier, la Chambre des représentants avait voté pour reconduire l’AGOA pour trois ans, mais les sénateurs ont ramené la durée à un an.
Selon plusieurs médias, l’AGOA constitue une pièce maîtresse des relations commerciales entre les États-Unis et plusieurs pays africains. « Ce traitement commercial préférentiel avait été lancé en 2000 sous la présidence du démocrate Bill Clinton », rappelle Ouest-France. Il s’interroge : « La France doit-elle refuser de détruire, à la demande des États-Unis, des contraceptifs féminins initialement financés pour l’aide internationale ? ».
En tout cas, ce qui est sûr, c’est que cet accord permet aux pays africains d’exporter de nombreux produits vers les États-Unis sans droits de douane, s’ils respectent une série de conditions (pluralisme politique, respect des droits humains, lutte contre la corruption…) ».
Mais dans les faits, très peu des Etats africains respectent ces conditions. C’est pour cette raison que seulement une trentaine des 54 pays du continent africain bénéficient en théorie de l’accord, qui couvre un large éventail de produits, de l’habillement à l’igname en passant par les voitures. Du coup, «… Trump a fait de l’expiration de l’accord un moyen de pression sur les pays africains ».
D’ailleurs, Samuel Okudzeto Ablakwa, chef de la diplomatie ghanéenne, rappelle-t-on, avait admis en octobre que « Washington avait notamment conditionné sa prolongation à l’accueil par son pays de personnes expulsées des États-Unis ». Sachant également qu’en parallèle, « la Maison Blanche a fait savoir à plusieurs reprises que, pour obtenir une prolongation de l’AGOA, les pays africains devaient s’ouvrir davantage aux produits américains ».
Pour finir, Jamieson Greer poursuit dans cette direction en affirmant que « l’AGOA du XXIe siècle doit exiger davantage de nos partenaires commerciaux et offrir un meilleur accès au marché aux entreprises, aux agriculteurs et aux éleveurs américains ». D’ailleurs, il ajoute vouloir travailler avec les parlementaires américains pour « moderniser le programme afin de l’aligner sur la politique “L’Amérique d’abord“ du président Trump ».
Maintenant, que feront les pays africains qui bénéficient de l’AGOA après le 31 décembre 2026 ?