Face à une fiscalité asphyxiant le citoyen et nourrissant contrebande et économie parallèle, le politologue Sami Jallouli appelle à un big bang : TVA à 2,6% sur l’essentiel comme en Suisse, impôt sur les sociétés à 12%, et adieu aux subventions des entreprises publiques déficitaires. Un virage audacieux pour transformer la Tunisie en puissance productive.
Ainsi Sami Jallouli propose un virage radical pour transformer la Tunisie en État productif vivant de la création de richesse plutôt que des prélèvements sur la consommation.
Selon lui, la première mesure consiste à alléger la TVA sur l’essentiel. A savoir le café, cacao, huiles végétales et produits alimentaires de 19% à 8% (puis 2,6% comme en Suisse), tout en l’augmentant sur tabac et alcool. Cela absorberait l’inflation mondiale et protégerait le pouvoir d’achat sans toucher aux subventions de base.
Quant à la deuxième mesure, simplifier l’impôt sur les bénéfices. Ce qui veut dire fixer l’impôt sur les sociétés à 12% et sur les revenus des particuliers à 16%. La complexité actuelle et les taux élevés favorisent évasion fiscale, économie parallèle, contrebande et contrefaçon. Une fiscalité unifiée et modérée réduirait la corruption administrative et encouragerait l’adhésion volontaire des investisseurs.
D’où la question est de comment compenser la perte de recettes TVA ? Il répond: « Au lieu d’augmenter les taux, élargir l’assiette fiscale. Les premières années comporteront un choc budgétaire, mais l’investissement et la production stimuleront les recettes fiscales. Parallèlement, stopper les subventions aux entreprises publiques déficitaires. »
Changer de philosophie
Il conclut: “Passer d’une logique de « prélever sur le citoyen » à « aider le citoyen à produire pour que l’État prospère avec lui ». Sans ces réformes, contrebande, inflation et pauvreté s’aggraveront, livrant le pays à la mafia plutôt qu’aux institutions.”