L’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE) vient de publier un nouveau rapport alarmant intitulé « Le secteur privé : pilier discret mais décisif du financement de l’État tunisien ».
Le dit-rapport dénonce une assiette fiscale étroite et inéquitable, qui pèse lourdement sur un secteur privé déjà sursollicité.
Sur 824 593 unités recensées, 87,5 % sont sans salariés (auto-emploi ou micro-activités). Par ailleurs, seules 103 000 entreprises déclarent leurs résultats annuels à la DGI (en baisse de 8,3 % en 2024 vs 2023).
Ces acteurs formels (PME et grandes entreprises) génèrent 43 % de l’emploi formel, 59 % de la valeur ajoutée, 80 % des investissements… et 53 % des recettes fiscales de l’État (IS : 13 %, TVA : 28 %, IRPP à la source : 11 %).
Quant le privé paie, le secteur public coûte cher
Toujours selon l’IACE, les entreprises privées financent déjà plus de la moitié du budget de l’État; malgré une pression fiscale croissante sur un petit nombre d’entreprises. Tandis que les entreprises publiques génèrent un déficit de plus de 2,3 milliards de dinars par an (22 % du déficit total), car l’État leur verse plus qu’elles ne rapportent.
Au delà de cet état des lieux, que peut-on en déduire pour retrouver un équilibre entre secteur public-privé? La réponse est simple pour l’IACE. Ainsi, l’Institut arabe des chefs d’entreprises propose dans un premier temps de formaliser le secteur informel. A savoir, l’inclure comme des micro-activités dans l’assiette fiscale. Une autre proposition consiste à renforcer les PME. Ce qui veut dire les aider à grandir pour créer des emplois et de la richesse. Et pour finir, il faut réduire les coûts publics. Cela passe par l’allégement du fardeau des entreprises d’État sur le budget.
Car sans ces propositions, le système fiscal reste trop étroit, injuste et fragile. Il freine la formalisation et rétrécit la base imposable.