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Leconomiste Maghrebin > Blog > Idées > Analyses > Tunisie – Économie sous tension : le souffle court
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Tunisie – Économie sous tension : le souffle court

Tahar El Almi
2026/01/18 at 4:29 PM
par Tahar El Almi 6 Min Lecture
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Economie sous tension
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Au gré des chiffres qui s’affichent sur les écrans des cambistes et des analystes, la Tunisie donne l’image d’un pays à la recherche d’un souffle long. Les indicateurs monétaires du 16 janvier 2026 racontent un début d’année placé sous le signe de la stabilisation prudente, celle qui apaise la surface sans dissiper l’inquiétude tapie dans les profondeurs du système financier. Car si l’économie tunisienne semble retrouver une forme d’équilibre interne, elle reste prisonnière d’un environnement extérieur volatil et d’un coût financier qui pèse de tout son poids.

Contents
La liquidité bancaire demeure tendue, mais moins qu’en 2025. Le volume global de refinancement recule légèrement, témoignant d’un système bancaire qui respire un peu mieux, sans pour autant retrouver son aisance.L’État continue de marcher sur un fil. Le compte courant du Trésor se contracte, reflet des dépenses d’ouverture d’exercice et d’une trésorerie qui devra être alimentée avec précision au fil des mois.

Dans le monde, la détente progressive de l’inflation a ramené un peu de sérénité sur les marchés. L’Europe entrevoit les premiers gestes d’assouplissement monétaire quand les États-Unis se préparent à une année électorale dont l’issue conditionnera les grandes orientations géopolitiques et financières. Mais ces signaux favorables restent fragiles, bousculés par des routes maritimes perturbées en mer Rouge et par un ralentissement industriel mondial dont l’onde se propage jusqu’au sud de la Méditerranée. Dans ce contexte mouvant, la Tunisie avance avec prudence, les yeux rivés sur le curseur délicat qui sépare la stabilisation de la contraction.

En Tunisie, au cœur du système, la Banque centrale maintient son taux directeur à 7 %, fidèle à une ligne de crête entre lutte contre l’inflation et soutien minimal à l’activité. Le marché monétaire suit, le taux effectif s’établissant à 6,99 %. L’ensemble montre une politique désormais en phase d’observation, après des mois où la hausse des taux constituait la seule réponse à la flambée des prix. La liquidité bancaire demeure tendue, mais moins qu’en 2025. Le volume global de refinancement recule légèrement, témoignant d’un système bancaire qui respire un peu mieux, sans pour autant retrouver son aisance.

 

La liquidité bancaire demeure tendue, mais moins qu’en 2025. Le volume global de refinancement recule légèrement, témoignant d’un système bancaire qui respire un peu mieux, sans pour autant retrouver son aisance.

 

L’œil se tourne ensuite vers les équilibres extérieurs, et l’image se trouble. Les réserves de devises s’effritent à 24,99 milliards de dinars, soit 105 jours d’importation, treize de moins que l’an dernier. Rien d’alarmant à court terme, mais suffisamment significatif pour rappeler que chaque dollar ou euro gagné par le tourisme ou la diaspora est immédiatement absorbé par les paiements dus aux créanciers internationaux. Le dinar glisse légèrement face au dollar, hésite face à l’euro, perd du terrain face aux monnaies asiatiques. Le mouvement reste contenu, mais il témoigne d’une économie vulnérable à la moindre bourrasque extérieure.

Pourtant, les moteurs réels de l’économie livrent des signaux d’espoir. L’année écoulée s’est close sur des performances remarquables : un tourisme consolidé retrouvant son rôle de pilier de rentrée de devises et des transferts des Tunisiens à l’étranger qui s’affirment comme véritable amortisseur social et économique. En miroir, le service de la dette extérieure atteint 12,45 milliards de dinars sur l’ensemble de 2025, absorbant des ressources qui pourraient irriguer l’investissement, l’éducation ou l’effort industriel.

L’État, lui, continue de marcher sur un fil. Le compte courant du Trésor se contracte, reflet des dépenses d’ouverture d’exercice et d’une trésorerie qui devra être alimentée avec précision au fil des mois. Le recours massif aux bons du Trésor assimilables traduit une stratégie assumée : internaliser autant que possible le financement public en attendant des conditions plus clémentes à l’extérieur.

 

L’État continue de marcher sur un fil. Le compte courant du Trésor se contracte, reflet des dépenses d’ouverture d’exercice et d’une trésorerie qui devra être alimentée avec précision au fil des mois.

 

À court terme, les prochains mois s’annoncent comme un exercice d’équilibrisme attentif. Les tensions devraient rester maîtrisées, à condition que les réserves se renforcent avec la reprise saisonnière, que la stabilité politique soit préservée et que l’économie mondiale évite un nouveau choc.

À moyen terme, la Tunisie ne pourra toutefois échapper à la question centrale : comment sortir d’un modèle épuisé où les devises entrent pour repartir aussitôt au titre du remboursement, où la politique monétaire compense les faiblesses économiques plus qu’elle ne les corrige, où l’endettement international dicte l’agenda économique ?

Les réponses appartiennent autant à l’exécutif qu’au pays tout entier. Investir dans ce qui génère de la valeur réelle, reconstruire la confiance des investisseurs, alléger progressivement le fardeau financier, libérer l’énergie entrepreneuriale qui sommeille derrière les obstacles administratifs. Telles sont les pistes qui permettront de transformer une respiration courte en souffle durable.

En cette mi-janvier, la Tunisie ne s’effondre pas ; elle avance, prudemment, portée par ses ressources, freinée par ses contraintes. C’est dans ce mouvement lent, parfois imperceptible, que se joue le destin économique des mois à venir.

==============================

Références :

(1) Sources principales consultées pour le contexte international : World Bank MENAAP (16 jan. 2026), données prix Brent / marché pétrolier (16 jan. 2026), minutes Fed / prises de position récentes, analyses Reuters sur la réaction des marchés aux tensions régionales. (Banque Mondiale)

(2) (*) https://www.bct.gov.tn/bct/siteprod/indicateurs.jsp

(**) https://www.ins.tn/

==============================

* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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MARQUÉE: BCT, économie, souffle court, Tunisie
Tahar El Almi 19 janvier 2026
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