Giuseppe Perrone, l’ambassadeur de l’UE en Tunisie, dévoile les priorités d’un partenariat massif : 35 millions d’euros pour l’autonomisation énergétique via la STEG, UE, BEI et BERD. De la réduction des importations à l’interconnexion ELMED, en passant par Hannibal et Erasmus+, l’Europe mise sur une Tunisie compétitive, verte et intégrée à son marché. Interview exclusive:
Quelles sont les priorités communes entre l’Union européenne, la BEI et la BERD pour soutenir la transition énergétique en Tunisie ? Quels détails sur l’accord de subvention imminent et les secteurs concernés ?
Giuseppe Perrone: Tout à fait. Les objectifs de notre action, en partenariat avec la BERD et la Banque européenne d’investissement (BEI), sont de faciliter l’autonomisation énergétique de la Tunisie et de réduire sa dépendance aux importations d’énergie étrangères. Cela est extrêmement important. Nous accompagnons également la Tunisie dans sa transition verte, une priorité identitaire pour l’Union européenne.
Ainsi, la Tunisie gagnera un avantage économique compétitif international : les entreprises produiront des biens à empreinte carbone minimale, facilitant un accès privilégié au marché européen. Notre coopération avec le gouvernement tunisien vise à améliorer les conditions de vie des Tunisiens. L’énergie est un enjeu fondamental du nouveau siècle, nous permettant de répondre au changement climatique.
Où en est le projet ELMED dans ce contexte de transition énergétique ?
Le projet ELMED est un projet emblématique de notre partenariat. C’est la première interconnexion maritime entre l’Europe et l’Afrique, reliant l’Italie à la Tunisie. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, en a maintes fois souligné l’importance et la priorité.
La phase préparatoire est avancée : les appels d’offres pour la production d’énergie, la construction des câbles et les stations de conversion sont en cours. Tout est en place pour une intégration accrue du marché énergétique tunisien au réseau européen, offrant à l’économie tunisienne un gain de compétitivité majeur.
Au-delà de cet accord, y a-t-il d’autres projets en cours dans des secteurs innovants ?
Oui, bien sûr. Notre coopération avec la Tunisie dépasse largement l’énergie, bien qu’il s’agisse d’un secteur prioritaire. Nous fournissons une assistance technique à la STEG, y compris l’élaboration d’un nouveau logiciel de gestion. Plusieurs projets énergétiques sont en cours, mais ce n’est qu’une partie.
L’UE est très active dans les télécommunications : un autre accord important sera signé demain dans le cadre du projet Hannibal. Nous menons aussi des initiatives majeures dans les établissements scolaires, l’habitat, l’éducation et les échanges people-to-people (Erasmus+). Cette coopération bilatérale vaste mesure l’engagement profond de l’Union européenne envers la Tunisie.