La ratification par la Tunisie de la nouvelle convention avec l’Union européenne relative aux règles d’origine constitue un levier important pour l’économie nationale. C’est ce que met en évidence une note de l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE), publiée le vendredi 9 janvier 2026, intitulée « Règles d’origine UE–Tunisie : enjeux économiques et portée de la ratification ».
Selon l’IACE, cette ratification s’inscrit dans une dynamique de coopération renouvelée entre la Tunisie et l’Union européenne, fondée sur l’évaluation des acquis, l’adaptation des instruments commerciaux et le renforcement de relations économiques et historiques solides. L’Union européenne demeure, à ce titre, le premier partenaire économique de la Tunisie dans l’espace euro-méditerranéen.
La note rappelle que la Tunisie a été le premier pays du bassin méditerranéen à signer un accord d’association avec l’UE en juillet 1995, ouvrant la voie à d’autres pays de la région. Trente ans plus tard, la ratification de la nouvelle convention marque une étape décisive dans l’évolution de ce partenariat.
1er janvier 2026, fin de la période transitoire
L’IACE souligne que la Tunisie a définitivement sécurisé l’application des nouvelles règles d’origine grâce à cette ratification, après les avoir appliquées de manière transitoire depuis mars 2025, sur la base d’une décision du Conseil d’association UE–Tunisie. À compter du 1er janvier 2026, la période transitoire prend fin pour les pays n’ayant pas ratifié la convention, entraînant la perte des avantages liés aux règles d’origine révisées.
Grâce à cette ratification, la Tunisie dépasse le régime des règles Pan-Euro-Méditerranéennes « historiques » de 2012 et bénéficie pleinement des nouvelles règles entrées en vigueur en 2025. Celles-ci prévoient un cumul d’origine élargi avec plusieurs pays du Sud de la Méditerranée, des procédures administratives simplifiées et l’octroi de quotas additionnels, notamment dans le secteur textile.
Les avantages pour les secteurs industriels tunisiens
Les retombées sont particulièrement significatives pour les exportations textiles et, plus largement, pour l’ensemble des secteurs industriels. Les produits concernés par les règles de cumul assouplies et les quotas spécifiques — dont les jeans denim — conservent ainsi les avantages obtenus en 2025 et échappent à l’application d’un droit de douane de 12 % à partir de 2026.
Cette avancée revêt une importance accrue dans un contexte marqué par les difficultés structurelles du secteur textile et habillement. Sa valeur ajoutée a reculé de 2 % au cours des neuf premiers mois de 2025, après une croissance annuelle moyenne de 1,9 % entre 2022 et 2024. Parallèlement, les exportations ont diminué de 1,8 % sur les onze premiers mois de 2025.
Préservation de 150 000 emplois et à sécurisation des recettes d’exportation
Dans ce contexte, la ratification de la convention contribue à soutenir l’activité du secteur, à préserver près de 150 000 emplois et à sécuriser des recettes nettes d’exportation estimées à 3 milliards de dinars par an, soit environ 9 milliards de dinars en valeur brute.
En conclusion, l’IACE estime que l’accord d’association entre la Tunisie et l’Union européenne entre dans une nouvelle phase de son développement. La ratification de la nouvelle convention sur les règles d’origine vient renforcer les effets positifs de cet accord et consolider un partenariat stratégique clé pour l’économie tunisienne.