Le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens de Tunisie (CNOPT) a mis en garde les propriétaires de pharmacies privées contre la poursuite de l’application du régime du « tiers payant » en l’absence de tout cadre juridique, après l’expiration, le 31 décembre 2025, de la convention sectorielle liant la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) au Syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie (SPOT).
Dans un communiqué publié jeudi 8 janvier 2026, le Conseil a averti qu’il se réserve le droit de « recourir à tous les moyens juridiques pour défendre la loi et l’éthique de la profession », soulignant l’illégalité de toute relation contractuelle en dehors d’une convention formellement établie.
Le CNOPT a rappelé que la loi n°71 de 2004 relative au régime d’assurance maladie, notamment son article 11, stipule que les relations entre les prestataires de services de santé et la CNAM doivent être encadrées par une convention-cadre et des conventions sectorielles conclues avec les représentants des professionnels de santé.
Tout en réaffirmant son attachement au régime d’assurance maladie en tant qu’acquis social majeur, le Conseil a appelé l’ensemble des parties concernées à œuvrer à des solutions durables à cette crise. Il a notamment insisté sur la nécessité de régler les créances dues aux pharmaciens et d’ouvrir un dialogue sérieux avec les représentants de la profession, dans l’intérêt général.
Cette prise de position intervient alors que la CNAM a décidé, depuis octobre dernier, de poursuivre l’application du régime du tiers payant de manière directe avec les pharmacies privées, invoquant la nécessité d’assurer la continuité de l’approvisionnement des assurés sociaux en médicaments.
De son côté, le SPOT avait annoncé, dans un communiqué publié le 5 janvier, la fin de la convention le liant à la CNAM, dénonçant des retards de paiement dépassant 185 jours, une situation ayant entraîné la fermeture de plusieurs pharmacies et l’épuisement des capacités financières du secteur.