Le député Maher Ketari, membre actif de la commission des finances à l’Assemblée des représentants du peuple, a livré un diagnostic sans concession sur la situation économique et sociale de la Tunisie lors d’une journée d’information consacrée à la loi de finances 2026. La Chambre de Commerce et d’Industrie Tuniso-Française a organisé cette rencontre le 8 janvier 2026.
Face aux inquiétudes croissantes des citoyens concernant leur quotidien, l’élu a insisté sur l’importance capitale des travaux législatifs que mène actuellement sa commission pour débloquer la situation. Il estime que l’intégration de la dimension sociale dans la réflexion budgétaire constitue une avancée nécessaire, mais il affirme qu’elle ne doit en aucun cas compromettre la viabilité financière de l’État à long terme.
Le député a exprimé une préoccupation majeure concernant le mode de financement des dépenses publiques, en particulier le recours systématique aux emprunts. Maher Ketari rejette fermement l’idée de financer le volet social par des crédits, considérant que cette stratégie fait peser un lourd endettement sur les générations futures afin de répondre à des besoins immédiats. Il plaide pour une gestion plus rigoureuse qui éviterait de soumettre le pays à une pression financière insoutenable et privilégie une approche fondée sur la création de richesse réelle.
Zoom sur les réformes structurelles
Concernant les réformes structurelles, le membre de la commission des finances critique les lenteurs liées au nouveau code des changes et aux mécanismes d’amnistie fiscale. Il rappelle que de nombreux citoyens et acteurs économiques attendent la finalisation de ces dossiers pour clarifier leur situation et relancer leurs activités. Les autorités visent, selon lui, une relance de la croissance permettant d’atteindre des taux compris entre 4 % et 5 %, un niveau jugé indispensable pour inverser la tendance actuelle, même si les prévisions imposent pour l’instant une certaine prudence à l’horizon 2026.
Enfin, Maher Ketari alerte sur la pérennité des caisses sociales et met en garde contre la dégradation rapide de leur équilibre financier à moyen terme. Il avertit que l’absence de mesures correctives rapides pourrait conduire ces fonds à la cessation de paiement d’ici une dizaine d’années, entraînant un blocage total du système de protection sociale. Il appelle ainsi le parlement à agir d’urgence afin de mettre en place des solutions durables garantissant la disponibilité des ressources pour les futurs bénéficiaires, sans dépendre exclusivement de l’endettement extérieur.