Pascal Boniface, géopolitologue français, fondateur et directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), analyse la capture de Nicolás Maduro, sur sa chaîne YouTube, comme une opération illégale selon le droit international, malgré la faible légitimité du dirigeant vénézuélien. Il distingue clairement légitimité subjective et légalité objective, tout en critiquant les motivations pétrolières de Trump et la passivité européenne.
Toujours selon son analyse sur Youtube, Nicolás Maduro, «piètre héritier d’Hugo Chávez», s’est maintenu par la coercition après des élections de 2024 jugées truquées. La faillite économique, la mauvaise gestion et les sanctions américaines ont provoqué l’exode de 8 millions de Vénézuéliens, rendant son départ peu regrettable.
« Lancer une attaque armée contre un pays, prendre possession de son chef d’État sans jugement international, c’est tout à fait illégal au niveau du droit international et cela est incontestable ». La légitimité de Maduro reste subjective, mais « légalité et légitimité, ce n’est pas la même chose », poursuit-il.
Les motivations réelles de Trump
L’objectif démocratique affiché cache des priorités géopolitiques : «C’est bien pour le pétrole vénézuélien que cette opération a été montée». Trump, qui critique même María Machado, vise à éliminer un rival et promet l’accès au pétrole aux compagnies américaines, sans garantir une transition démocratique stable.
Réaction du nouveau régime vénézuélien
La vice-présidente Delcy Rodríguez, désormais autoproclamée présidente, se dit prête à collaborer avec Washington. « On peut se demander s’il y a un accord trouvé sur l’exportation du pétrole vénézuélien entre Mme Rodríguez et Donald Trump ».
Critique de la realpolitik européenne
Les Européens, gênés, acceptent cette violation par peur d’un abandon sur l’Ukraine. Macron s’est réjoui du départ de Maduro sans condamner le coup de force, manquant une posture de principe. « La vraie realpolitik, ce n’est pas de s’asseoir sur le droit international quand on est européen », poursuit-il.
Conséquences géopolitiques majeures
Cette opération marque « un retour au 19e siècle » où la force prime le droit. « La négation totale du droit international reste la meilleure protection pour l’avenir des relations internationales ». Pascal Boniface alerte sur la fin du multilatéralisme trumpien et l’affaiblissement de la crédibilité européenne.