La Tunisie, forte de son savoir-faire et de son dynamisme, aspire à devenir un moteur du développement automobile africain, misant sur l’innovation, la durabilité et la coopération régionale. C’est ce qui ressort des mots clés d’Akrem Saadaoui, responsable du bureau Afrique du Nord de l’Association africaine des constructeurs automobiles (AAAM Africa). Il met en avant le positionnement stratégique de la Tunisie pour couvrir le Maghreb et l’Égypte.
Rencontré en marge d’un événement en date du mardi 6 janvier 2026, à l’IACE, Akrem Saadaoui a fait savoir que l’association, fondée en 2015 à Johannesburg, dispose d’un siège sud-africain et d’un bureau au Ghana (Accra). Il rappelle que de par son positionnement et ses richesses, c’est une opportunité d’avoir le bureau Afrique du Nord en Tunisie, qui inclut le Maroc, l’Égypte, l’Algérie, grâce à l’expertise et l’historique qu’on a en tant qu’industrie automobile en Tunisie.
Dynamique du secteur automobile africain
« Aujourd’hui l’Afrique, c’est les nouveaux frontières de l’automobile worldwide », boostée par les crises mondiales et la concurrence chinoise (BYD). L’Afrique produit « 1 million de voitures » par an, visant « entre 3 et 5 millions d’ici à 2030 » (Afrique du Sud, Maroc, Égypte, Tunisie, Ghana). Cette croissance mêle thermique, hybride et électrique, attirant Européens et Asiatiques.
Transition-électrification : défis infrastructurels
Malgré les incitations fiscales, « il faut être réaliste et se préparer pour l’infrastructure aujourd’hui avant de juste faire un shift direct ». Le Pacte de compétitivité (2017, via TIA/GIM) prépare logistique et RSE, avec discussions post-2019 pour bornes de recharge. « Si on peut préparer même à travers les premiers chantiers ces bornes-là et la partie électricité avec la STEG, ce sera peut-être faisable, plutôt que de se limiter aux réductions douanières. »
ZLECAf : opportunité majeure
Il rappelle que la ZLECAf offre à la Tunisie une opportunité stratégique pour valoriser son tissu d’équipementiers automobiles, nationaux et internationaux, déjà reconnus à l’échelle mondiale. Il précise dans ce contexte: « La Tunisie a vraiment un tissu de sociétés de composantes nationales et internationales. On a même des entreprises qui rayonnant à l’international ». Cela signifie que ces entreprises pourront conquérir les marchés africains grâce aux échanges intra-continentaux favorisés par la ZLECAF.
En somme, les règles d’origine pour l’automobile et le textile, attendues en février 2026 du secrétariat AfCFTA, constituent « le guideline nécessaire pour les tarifs du bien tout qui change entre les pays en Afrique, y compris la Tunisie ». Elles préciseront les conditions d’accès préférentiel, uniformisant les droits de douane et dopant la compétitivité tunisienne sur le continent.