Le Cameroun dispose de plus de 5 640 milliards de FCFA de financements extérieurs déjà mobilisables mais encore non utilisés, ouvrant un important gisement d’opportunités pour les investisseurs privés, notamment tunisiens.
C’est ce que révèle le spécialisé Investir-Au-Cameroun qui cite la Caisse autonome d’amortissement (CAA). Laquelle précise que « ces ressources […] concernent des projets prioritaires en agriculture, infrastructures, eau, énergie et éducation, dans un pays où les besoins restent élevés et structurels ».
L’essentiel de ces montants correspond à des prêts déjà signés mais non décaissés (4 714,7 milliards de FCFA), auxquels s’ajoutent 927,2 milliards de FCFA de financements autorisés mais encore en attente de signature. Ce stock représente près d’une année et demie des besoins d’endettement budgétaire du Cameroun, illustrant un décalage persistant entre disponibilité financière et mise en œuvre effective des projets, explique le site.
Pour des investisseurs tunisiens, ce retard est à même de constituer paradoxalement une fenêtre d’entrée. Les blocages identifiés – lenteurs administratives, difficultés de mobilisation des fonds de contrepartie, contraintes foncières – ouvrent la voie à des partenariats public-privé, à de la sous-traitance spécialisée ou à des prises de participation dans des projets nécessitant expertise technique et capacités d’exécution rapides, domaines où les entreprises tunisiennes disposent d’un savoir-faire reconnu. Des domaines qui peuvent être à la portée des entreprises tunisiennes.
En effet, le secteur agricole est emblématique. La relance de la Cameroon Development Corporation (CDC), via des projets de transformation du caoutchouc et de l’huile de palme, écrit Investir-Au-Cameroun, vise la substitution aux importations et la montée en valeur ajoutée locale.
Des opportunités existent dans l’ingénierie agro-industrielle, la maintenance, la logistique et la transformation, segments accessibles aux opérateurs tunisiens.
D’autres secteurs offrent un fort potentiel : l’eau potable à Yaoundé, les infrastructures routières reliant le sud du pays au port de Kribi, ainsi que l’éducation de base financée par des bailleurs multilatéraux. Ces projets bénéficient de financements sécurisés, limitant le risque de paiement pour les partenaires privés, surtout étrangers.
Dans un contexte où l’État camerounais cherche à améliorer l’absorption de ses financements extérieurs, les investisseurs tunisiens peuvent se positionner comme partenaires opérationnels crédibles, capables d’accélérer l’exécution des projets tout en accédant à un marché d’Afrique centrale à fort potentiel de croissance.
A noter du reste que certaines entreprises tunisiennes ont déjà un pied sur les marchés du Cameroun, et ce par l’entremise de la Chambre de commerce et d’industrie de Sfax. Laquelle a même créé un Salon dénommé « AFRIBAT Cameroun », soit le pendant du Salon MEDIBAT.