FORUM L’ECONOMISTE MAGHREBIN 2011

Les défis post-révolution de l'économie tunisienne
Le financement de la transition démocratique et de la croissance

IDEES FORCES ET PROPOSITIONS MAJEURES

Le XIIIème Forum de l’Economiste Maghrébin est probablement l’un des premiers à caractère international à se tenir en Tunisie après la révolution du jasmin en janvier 2011. C’était un vécu où se mêlaient espoirs et appréhensions.

Les intervenants, dans leur ensemble, étaient plutôt nuancés dans leurs déclarations, entre optimisme et pessimisme.

Faire un état des lieux s’est vite imposé. Il en est résulté :

  • Une nette régression des investissements, nationaux et étrangers, enregistrée, une production industrielle au plus bas, un secteur des services en déroute avec la chute vertigineuse de l’activité touristique et des réserves de change en net recul.
  • Le déficit budgétaire a doublé, le déficit courant est parti en vrille et le taux de chômage en explosion.

 

En résumé, le pays était confronté à un arrêt du processus de production et de création de richesses.

Selon certains intervenants la crise économique était latente. Ils s’étaient toutefois déclarés demeurer optimistes dès lors que l’on était en mesure de se doter d’un Etat de droit, au service de la société appelée à assurer une interaction entre le régime et la société civile. Une étude réalisée dans les trois mois qui ont suivi la révolution vient confirmer cet optimisme relevé auprès des entreprises qui, pour la moitié d’entre elles, sont confiantes quant à leur avenir ; malgré un manque à gagner enregistré de l’ordre de 80%.

Cette confiance mérite toutefois de se raffermir si des bases solides, pour une relance économique durable, sont jetées. Et, à ce titre, les intervenants au Forum, dans leur majorité se sont montrés en accord pour avancer que le modèle qui va le mieux à la Tunisie est un modèle social d’économie de marché, ouvert sur l’extérieur, notamment l’Union européenne. Un modèle socio-libéral en quelque sorte où le développement régional doit avoir une place importante, afin d’assurer une meilleure redistribution des richesses sans laquelle toute transition économique ne peut voir le jour.

Il a été également suggéré un nouveau découpage économique du pays en lieu et place de l’actuel, à caractère purement administratif.

Enfin, et en vue de lui assurer le succès voulu, le modèle économique et social doit reposer sur la participation citoyenne, afin de pallier le déficit de participation jusqu’alors en vigueur. A crise sociale, mesures sociales, lesquelles peuvent être conduites avec un appui extérieur.

L’idée d’un plan Marshall a même été suggérée pour tirer la Tunisie par le haut, comme l’Europe en a bénéficié au sortir de la guerre. La paix dans cette Tunisie proche du continent européen a un prix; un coût beaucoup moins élevé que les dangers macroéconomiques qui peuvent en résulter. Une sorte d’assurance, un investissement dans l’avenir selon les participants.

Galerie

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Intervenants

Tunisie

  • Jalloul Ayed : ministre des Finances
  • Abdelaziz Rassâa : ministre de l’Industrie et de la Technologie
  • Abderazek Zouari : ministre du Développement régional
  • Habib Karaouli : PDG de la BAT e tPrésident du Forum
  • Férid Abbès : PDG du groupe Abbès
  • Mohamed Frikha : DG TELNET
  • Hichem Elloumi  : PDG du groupe COFICAB
  • Noureddine Hajji : PDG de Ernest & Young
  • Radhi Meddeb : PDG de Comete Engineering
  • EzzeddineSaïdane : Directway consulting
  • Moncef Sellami : PDG de Onetech

France

  • Jean-Paul Betbeze : économiste en chef au Crédit agricole
  • Olivier Ray : économiste, Département Moyen Orient AFD

Union européenne

  • Adrianus Koetsenruijter : Ambassadeur, chef de la délégation de l’UE en Tunisie

Banque africaine de développement – BAD

  • Jacob Kolster : directeur de l’Afrique du Nord à la BAD
  • Agnès Soucat : directrice du département de développement humain