Forum l’Economiste Maghrébin 2008

Nouveaux états membres et pays sud-méditerranéens : partenaires ou concurrents?

IDEES FORCES ET PROPOSITIONS MAJEURES

Plus de dix années sont passées depuis l’annonce du processus de Barcelone (novembre 1995) et il coulait de source d’aller chercher à clarifier si l’intégration des pays de l’Europe de l’Est (PECO) ne porte pas, en elle, le risque de rejeter encore plus loin, à la périphérie, les pays sud-méditerranéens.

C’était là le thème central du Xème Forum de l’Economiste Maghrébin.

Deux points de vue se sont exprimés à cette occasion. Ils étaient pour la plupart en concordance.

Le point de vue du Sud

De ce côté de la mer Méditerranée il est souligné l’impératif d’adopter une approche interactive visant à identifier ensemble les défis économiques, transfrontaliers et sécuritaires en prévision de la mise en place d’une zone de libre-échange entre les deux rives de cette mer séparant les deux continents. De ce côté il est également estimé que l’élargissement de l’Europe demeure un choix judicieux par lequel il est souhaitable la construction d’un groupement régional sans préjugé.

Le point de vue du Nord

Côté nord Méditerranée a été avancé la thèse que les PECO montrent de plus en plus de signes de bonne santé et recèlent des opportunités non négligeables offrant au Sud la possibilité d’un élargissement de leurs échanges vers les nouveaux membres outre la recomposition globale attendue du travail qui va profiter, en premier, aux sud-méditerranéens. Les IDE également vont aller s’intensifiant du fait de l’importance grandissante que va connaître le trafic commercial avec cet élargissement de la zone à de nouveaux venus et des avantages offerts en termes de proximité et de compétitivité.

Globalement les pays sud-méditerranéens ne doivent pas craindre, en dépit de certaines frustrations, l’élargissement de l’Union européenne (UE) à de nouveaux membres. Ils sont appelés à y voir une réelle opportunité pour explorer de nouvelles niches des deux rives de la Méditerranée. En clair l’élargissement de l’UE aux pays de l’Europe de l’Est n’est aucunement en contradiction avec l’approfondissement des relations avec la Méditerranée.

Il peut y avoir, grâce à l’interaction de ces deux phénomènes, une dynamique d’intégration à l’échelle régionale.

Une exigence est toutefois formulée : opter pour des actions prioritaires et surtout concrètes autour de projets clairement identifiés associant le sud de la Méditerranée à l’ensemble élargi des pays européens.

 

 

 

PECO : Est l’acronyme pour  Pays d’Europe Centrale et Orientale. Il désigne un groupe de 11 États : Bulgarie, Croatie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Roumanie, République Tchèque, Slovénie, Slovaquie.

Galerie

Intervenants

Tunisie

  • Abdelwaheb Abdallah : ministre des Affaires étrangères
  • Hédi Djilani : président de l’Union Maghreb-Europe

Maroc

  • Nejib Zerouali, Ambassadeur du Maroc à Tunis  
  • Mohamed Kettani : PDG de Attijari Wafa Bank

France

  • Serge Degallaix : ambassadeur de France en Tunisie
  • Eric Besson : Secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre français
  • Denis Bauchard : Institut français des relations internationales
  • Pierre Jacquet : cercle des économistes
  • Jean François Limantour : président du cercle euro-méditérannéen des dirigeants textile-habillement

Italie

  • Carlo Calenda : directeur des relations extérieures de la Confindustria

Hongrie

  • Varkoniy Laszlo : Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères

Union européenne

  • Adrianus  Koetsenruijter : ambassadeur, chef de la Délégation de l’Union européenne en Tunisie