Forum l’Economiste Maghrébin 2007

L' internationalisation de l'économie tunisienne :
défis et opportunités

IDEES FORCES ET PROPOSITIONS MAJEURES

En 1995 la Tunisie signait l’Accord d’association avec l’Union européenne (UE). 12 ans après, le processus de démantèlement tarifaire arrive à son terme.

Comment le pays s’est-il préparé à cette échéance de 2008 qui annonce et signifie l’internationalisation pleine et entière de l’économie tunisienne ? Quelles sont les chances de réussite et quel pourrait être le chemin de croissance d’avenir ? Comment enfin, tirer profit des expériences des autres pays émergents. Autant de questions et de réponses  qui étaient attendues à travers les différentes interventions prévues par le Forum.

Ainsi les intervenants ont longuement traité de l’irrévocabilité de l’internationalisation et de l’enjeu, tant pour la Tunisie que pour ses entreprises, d’ériger leur déploiement à l’étranger en objectif hautement stratégique et d’être, plus que jamais, à l’écoute du monde en se dotant de veille technologique et en recourant de plus en plus à l’intelligence économique.

Le classique avantage compétitif du « travail bon marché » n’étant plus ni de mode ni d’actualité, la Chine et l’Inde étant en mesure, à eux seuls, de subvenir aux besoins du monde entier en la matière. Un consensus s’est établi autour des orientations et constats suivants :

  • Pour demeurer concurrentielle, en particulier à l’international, l’entreprise tunisienne doit être performante sur tous les fronts, ceux de la stratégie, de l’innovation, de la flexibilité et de la qualité. Elle se doit également d’être « réseautée » et vigilante.
  • L’internationalisation doit être un choix volontaire assumé. A chacun de trouver sa voie et à l’Etat d’encadrer positivement en libérant les énergies et en favorisant les initiatives privées.
  • Miser sur la sophistication des entreprises tant au niveau de l’organisation que des process ou des stratégies marketing, la compétitivité internationale dépendant de leur productivité, de leur efficience et de la concurrence.
  • Mettre en place des clusters, groupes de sociétés et institutions opérant dans des domaines complémentaires concentrés dans un même espace géographique, afin de renforcer la compétitivité des entreprisses en offrant des avantages distinctifs appréciables.
  • Afin de conquérir et développer des marchés, investir et mettre en place des processus de production plus efficaces, améliorer la qualité des produits, lancer des produits et services nouveaux et répondre, en souplesse, à la demande du marché en constante mutation.
  • Poursuivre l’effort d’intégration régionale afin de maximiser davantage son arrimage à l’économie européenne.

En définitive il est constaté que l’internationalisation s’effectue dans un monde qui a énormément changé sous l’effet de l’émergence des pays du Sud comme vecteur créateur et fondateur de la mondialisation. Cela suppose que le tissu financier et industriel est capable de suivre. C’est ce qui a été constaté en particulier pour la Tunisie qui demeure en ligne à la faveur des facilités accordées aux entreprises en matière de change.

Il ressort au final que si le développement de l’économie tunisienne et son intégration dans l’économie mondiale ont été, jusqu’ici, essentiellement focalisés sur la promotion des exportations et des IDE, il est de plus en plus acquis que d’autres formes, plus dynamiques, d’internationalisation des entreprises deviennent nécessaires, notamment sous forme d’investissement à l’étranger.

Galerie

Intervenants

Tunisie

  • Abdelwaheb Abdallah : ministre des Affaires étrangères
  • Taoufik Baccar : Gouverneur de la Banque centrale
  • Hédi Djilani : président de l’UTICA
  • Chékib Nouira : PDG de la BIAT, président de l’IACE et président du Forum
  • Radhi Meddeb : PDG de COMETE engineering
  • Ahmed Mahjoub : PDG Tunisie Telecom

France

  • Francis Moaty : spécialiste en intelligence économique
  • Charles Albert Michalet : économiste et enseignant à l’université Paris-Dauphine
  • Nicolas Meunier : Sénior économiste Crédit agricole

Suisse

  • Claude Smadja président de Smadja & Associates inc.

Royaume-Uni

 

  • Kley Visentin : vice-président de MKC Group

Banque mondiale

Hamid Alavi : économiste Banque mondiale