Forum l’Economiste Maghrébin 2001

Convertibilité du dinar :
est-elle nécessaire? Est-elle possible?

IDEES FORCES ET PROPOSITIONS MAJEURES

Le processus de libéralisation et de restructuration de l’économie nationale a abouti, en 1992, à la consécration de la convertibilité courante du dinar permettant, notamment aux entreprises résidentes, de réaliser librement tout transfert lié à leurs importations de biens et services, d’investir à l’étranger ; afin de soutenir leurs efforts d’exportation ou de contracter des emprunts en devises. Cette liberté est également accordée aux étrangers d’investir, en Tunisie, dans le secteur productif ou de prendre des participations dans des entreprises tunisiennes, avec l’assurance et la garantie accordée, par loi, pour le transfert des capitaux investis et des plus-values réalisées.

Ce système, de l’aveu des entreprises présentes en Tunisie, nationales comme internationales, semble avoir répondu à leurs attentes. Avec toutefois cette question demeurée posée : pourquoi ne pas franchir le pas de la convertibilité totale ?

Le débat qui s’est instauré, dans le cadre du Forum, a permis à la fois de baliser les enjeux d’une telle option  et d’apporter des réponses à la problématique posée.

A la question “la convertibilité totale du dinar est-elle nécessaire?”, une synthèse affirmative s’était dessinée tout en appelant à se donner du temps. Sur le fond, l’option suscite une certaine adhésion, à laquelle il convient de se préparer selon un calendrier à convenir.

A la question “la convertibilité totale est-elle possible?”, les réactions étaient claires tout en demeurant mitigées. Ainsi, et en dépit des performances réalisées, l’économie du pays est tout juste équilibrée, mais loin d’être excédentaire. Condition sine qua none pour décider de la convertibilité totale de la monnaie.

Le pays a déjà à son actif la réussite de la convertibilité courante de sa monnaie. Le dinar répond pour l’instant,  parfaitement à son degré de développement et aux attentes prioritaires des opérateurs pour leurs opérations financières avec l’extérieur directement liées à leurs activités.

Cependant, il a été souligné que la convertibilité d’une monnaie ne se décrète pas, mais qu’elle reste tributaire  de performances économiques durables réalisées par le pays lui permettant de s’assurer des réserves en devises suffisantes. Et ce, afin de permettre au pays de faire face à d’éventuelles difficultés; qu’elles soient endogènes ou exogènes.

Ainsi, concernant les perspectives d’évolution du système de change tunisien; une préférence quasi unanime s’est dégagée en faveur d’une prudence active ; la convertibilité du dinar ne revêtant pas de caractère d’urgence. Son adoption, à l’heure actuelle, risque d’introduire des risques imprévisibles et incalculables.

En définitive, la priorité gouvernementale se doit de poursuivre l’effort de maitrise des équilibres macroéconomiques et d’amélioration de l’environnement d’accueil des investissements directs étrangers, tout en gardant cette perspective d’aboutir, si tout va bien, à la convertibilité  totale de la monnaie nationale.

Galerie

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Intervenants

Tunisie

  • Taoufik Baccar : ministre des Finances
  • Mohamed Ali Daoues : Gouverneur de la Banque centrale de Tunisie
  • Chékib Nouira : président du Forum
  • Férid Ben Tanfous : PDG de la BNA
  • Aissa Hidoussi : PDG de la Banque de l’Habitat
  • Ezzeddine Saïdane : directeur général de l’ABC
  • Faouzi Elloumi : vice-président du groupe Elloumi
  • Rached Fourati : Senior Partner KPMG Tunisie

Algérie

  • Abderrahmen Hadj Nacer : PDG de la SBFI – Natexis-Banques populaires

Maroc

  • Abdellatif Jaouhari : ancien ministre des Finances

Liban

  • Kamel Hamdan : Economiste , chairman « Consultation and research institute”

France

  • Jean Paul Betbeze : Directeur des études et de la stratégie – Crédit Lyonnais
  • Alain Cotta : université Paris-Dauphine
  • Christian De Boissieu : Professeur à l’université de Paris I, membre du conseil d’analyse économique

Banque mondiale

  • Wafik Grais : vice-président Moyen Orient, Afrique du Nord à la Banque mondiale