FORUM 2018

Idées Forces et Propositions Majeures

Le Forum de L’Economiste Maghrébin, le vingtième successif, a porté sur un thème de pure actualité, « Mobilités et ruptures : Les défis de la Tunisie ». Il a été précédé, la veille de son ouverture, par le traditionnel dîner-débat autour d’un sujet, tout aussi d’actualité  et complémentaire, « L’’Aleca à l’heure des mobilités ».

Pour sa part le Forum a été suivi, à l’issue des interventions d’ouverture, par trois panels :

  • Mobilité des hommes et des talents, l’école et le travail.
  • Mobilité des normes et des règles : le droit et l’administration ont tenté de lever le voile sur les points de friction qui limitent ou obstruent la mobilité internationale, faute de convergence des lois et réglementations.
  • Mobilité des capitaux et des investissements : la nouvelle mondialisation.

D’emblée la couleur et la hauteur des échanges ont vite montré que le pays a besoin d’une révolution économique et d’une révolution des mentalités. Pour cela, il est préconisé que tout le monde s’y mette, sans ambition politique.

Il a même été rajouté que la Tunisie se doit de trouver les bonnes alliances et de réviser ses modes d’actions et de pensées, pour pouvoir se positionner dans un monde en pleine mutation.

Les trois panels, pour leur part, ont touché les problématiques réelles et majeures, auxquelles non seulement la Tunisie, mais également le monde entier, sont confrontés et qui iront s’accentuant au risque d’impacter les relations internationales en creusant davantage les écarts entre  pays; préjudiciables pour les uns profitables pour les autres.

Cela a fait dire à un éminent intervenant que “le monde ne s’adaptera pas à nous. Il faut s’adapter au monde pour pouvoir peser à sa mesure”.

C’est ainsi, dans le premier panel, qu’un accent particulier a été mis sur la fuite des compétences et les difficultés de l’entreprise de se les attacher. Si ce phénomène n’est pas propre à la seule Tunisie, il n’empêche qu’il s’est accéléré pour toucher l’ensemble des secteurs d’activités. Comme signalé, la mobilité des emplois augmentera de 50% en 2020, face à une économie mondiale marquée par une quatrième révolution industrielle, celle de l’industrie 4.0. Ce progrès déplace également les emplois avec les mêmes forces de changements et de réactions, a relevé un intervenant. La meilleure parade reste l’amélioration de l’attractivité comme expliqué dans la présentation d’une startup tunisienne réussie.

Le second panel a relevé, d’entrée, que mobilité, droit et administration ne font pas bon ménage. Comme le droit se doit de suivre l’économie et que cette dernière est particulièrement mobile, il est donc recommandé au droit de suivre, avec un temps de latence le plus court possible. En outre, il est signalé que les normes qui gouvernent la vie des hommes en société ne sont pas toutes des règles de droit. Sur ces différents points, les panelistes se sont prononcés, avant de conclure qu’il n’y a pas d’internationalisation sans standardisation.

Enfin, le troisième panel s’est penché sur la mobilité des capitaux et des investissements comme l’une des libertés émergentes de l’attractivité d’une économie. Pris sous l’angle des défis et des opportunités, il a été avancé que toutes  les décisions que la Tunisie devra prendre vont se faire dans une situation de contraintes, en citant, notamment,  le Brexit et la remise en cause de la globalisation par les Etats-Unis (mise en place de barrières tarifaires).

Afin d’y faire face, il est indiqué, pour la Tunisie, d’éviter les politiques complexes de change, de combattre la lourdeur des procédures et d’assurer une communication dynamique sur l’attractivité du site d’investissement Tunisie.

Au final, pour ses 20 ans, le Forum de l’Economiste Maghrébin aura eu l’avantage de permettre un échange et une expression de vues autour des difficultés et défis que le pays doit affronter en matière de mobilités et de ruptures.

Galerie

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Intervenants

Tunisie
Slim Feriani : ministre de l’Industrie et des PME
Hatem Ben Salem : ministre de l’Education nationale
Habib Karaouli : PDG de CAP Bank et président du Forum
Badreddine Ouali : PDG de Vermeg et de la Fondation Tunisie-développement
Yassir El Ismaili : CEO de Tayara
Farouk Kamoun : président de l’université Sésame
Kais Daly : ancien PDG du GCT et de l’ETAP
Moez Chakchouk : PDG de La Poste tunisienne
Ghazi Ghrairi : ambassadeur de Tunisie à l’UNESCO
Donia Hedda Ellouze : Avocate au barreau de Tunis
Samir Majoul : président de l’UTICA
Afif Chelbi : ancien ministre, président du Conseil d’analyses économiques
Mansur Zhakupov : Directeur général de Total Tunisie
Aziz M’barek : PDG d’AfricInvest

France
Serge Degallaix : président de la Fondation Prospective et Innovation
Thierry Millet : directeur général d’Orange Tunisie
François Ameli : avocat et maître de conférences. Université Paris I, Panthéon-Sorbonne
Stéphane Aver : PDG d’Aaqius

Fondation Friedrich Naumann -FFN
Rûdiger Graichen : directeur du bureau de FFN Tunisie-Lybie

Banque européenne pour la reconstruction et le développement – BERD
Antoine Sallé de Chou : chef de bureau en Tunisie

Banque européenne d’investissement – BEI
Flavia Balanza : directrice des opérations de voisinage de l’UE à la BEI

Banque africaine de développement – BAD
Yacine Fal : directrice générale adjointe région Afrique du Nord