Presse régionale : ne reste-t-il que des souvenirs ?

Presse régionale
Salah Dridi

Samedi 27 novembre 2021, une cinquantaine de professionnels des médias (enseignants de journalisme, directeurs de médias, journalistes,…) et des représentants de la société civile du gouvernorat de Bizerte commémoraient le premier anniversaire du décès de Salah Dridi, doyen de la presse régionale en Tunisie. L’occasion de débattre du souvenir de la presse régionale en Tunisie et de son nécessaire renouveau.

La presse régionale imprimée s’essouffle. Elle est quasiment en train de rendre l’âme. Le constat est sévère. Il est cependant réel. Samedi 27 novembre 2021, une cinquantaine de professionnels des médias (enseignants de journalisme, directeurs de médias, journalistes,…) et des représentants de la société civile du gouvernorat de Bizerte ont débattu largement de la question des conditions d’exercice de la presse régionale. Et ce, notamment après la révolution du 14 janvier 2021.

L’occasion était toute trouvée avec l’organisation d’un séminaire sur « La presse régionale: les problématiques et les défis ». Une rencontre tenue lors de la commémoration du premier anniversaire du décès de Salah Dridi (notre photo), doyen de la presse régionale en Tunisie.

Ainsi, Salah Dridi créait, le 15 octobre 1967, le premier journal régional tunisien de l’ère de l’indépendance, « Le canal », à Bizerte. Un journal dont il présentait alors, en main propre, le premier numéro au leader Habib Bourguiba. Ce dernier était venu célébrer le quatrième anniversaire de l’évacuation de la ville par l’armée française.

Une obligation inscrite dans la loi

Ensuite, le journal a tenu tant bien que mal jusqu’à 2011. Date à laquelle nombre de journaux imprimés ont cessé du reste de paraître. Ou entamé ce qui ressemble à une longue traversée du désert. Pour les raisons qui n’ont pas manqué d’être citées. Dont un désengagement de l’Etat qui a cessé de prêter main forte à la presse imprimée en général. Car, auparavant, il offrait des annonces publicitaires et une dotation budgétaire qui permettaient de financer quelques menus dépenses.

En cause donc les aides de l’Etat à la presse qui sont une obligation inscrite dans la loi. C’est ce que soulignera, dans une intervention remarquée, Salaheddine Dridi, maître-assistant à l’Institut de Presse et des Sciences de l’information (IPSI) de Tunisie et ancien responsable du secteur de médias. En effet, afin de favoriser la diversité des opinions et la présence d’une presse rendant compte de cette diversité, l’article 32 de la Constitution de janvier 2014 stipule clairement que: « L’État garantit le droit à l’information et le droit d’accès à l’information » (Art. 32).

L’information un outil du développement

Et si l’ère du post-media offrait les moyens de relancer la presse régionale en Tunisie? Il s’agit des moyens que permet aujourd’hui l’internet avec sa panoplie de blogs, de réseaux sociaux et de journaux électroniques. La question posée par l’universitaire a suscité un long débat.

Un événement qui a été propice aux rencontres entre médiateurs de toutes les générations. Il permettait également de revenir notamment sur le vécu d’un journal régional, « Le canal ». S’il a connu bien des réussites, les difficultés ne manquèrent pas. En raison principalement d’entraves structurelles; dont l’exiguïté du marché et le manque de ressources publicitaires. Mais dont les promoteurs étaient des militants sincères. Et qui ont bénéficié d’un courant qui croyait, dur comme fer, que l’information ne pouvait être qu’un outil du développement. Salah Dridi est l’un d’entre eux.

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