Femmes violentées, brisons la loi du silence !

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Les violences contre les femmes persistent  et signent. En effet, nombreuses sont celles à avoir subi toutes les formes de violence physique, psychologique, économique, conjugale… Aujourd’hui, elles brisent le tabou en livrant leur témoignage. Ce qui est loin d’être évident, quand on est victime de violence. 

Nous les avons rencontrées au Kef, à l’occasion d’une journée de mobilisation. Elle fait partie des 16 jours d’activisme dans la lutte contre la violence à l’égard des femmes organisés par l’UE.  Lors de la présentation de la pièce de théâtre Yakouta de Leila Toubel, elles nous racontaient leur tragédie.

Plusieurs questions nous tourmentaient au moment où nous leur posions des questions. Ainsi, nous nous demandions justement comment les femmes qui brisent la loi du silence, arrivent à surmonter l’impact psychologique. Mais, à l’origine, d’où vient cette violence? Pourquoi est-elle dirigée contre les femmes et comment s’en sortir? 

Noura, victime de violence économique, nous confie son calvaire et comment elle a réussi à s’en sortir. Noura est agricultrice. Elle nous raconte comment son frère la battait et voulait prendre sa part d’héritage. Elle confie: « Cela a été difficile de briser cette loi du silence. Car je me disais que mon frère était une personne influente dans la région et qui avait de l’argent. Il pouvait tout faire, car personne ne pouvait l’arrêter… Jusqu’à ce qu’un jour j’entende parler d’une association qui accueillait les femmes victimes de violence. Je pris mon courage à deux mains et j’y suis allée. La première fois quand j’ai mis les pieds au centre, je ne pouvais placer aucun mot, hormis pleurer. D’ailleurs, je ne me suis pas arrêtée de pleurer. Et j’y suis retournée un autre jour. Ce n’est qu’à partir de là que, petit à petit, j’ai repris confiance. Puis j’ai porté plainte contre mon frère. Aujourd’hui c’est lui qui demande pardon du mal qu’il m’a fait. »

La situation de Noura est loin d’être unique, beaucoup d’autres femmes se trouvent dans la même situation.

Femmes violentées : oser en parler !

De son côté, Moufida, il y a quelques années de cela, s’est retrouvée avec un œil au beurre noir et des ecchymoses sur tout le visage. Car son mari la battait.

Elle nous confie: « Tout a commencé en 2005, moi qui suis diplômée universitaire, je me suis retrouvée du jour au lendemain avec un mari qui vivait à l’étranger. Après le mariage, je l’ai suivi et puis petit à petit il est devenu violent. Il me frappait surtout quand je refusais d’avoir des relations sexuelles avec lui. D’ailleurs, je me souviens lui avoir alors dit en pleurant – Pourquoi tu me fais cela? Et ce n’est qu’en 2014 que je me décidai à rentrer définitivement en Tunisie et j’ai demandé le divorce. Il faut dire que pour faire un tel pas, ce n’était pas facile. Je me suis dirigée vers l’Association la femme et la citoyenneté qui m’a accueillie et m’a écoutée. Aujourd’hui, je me sens en confiance car justice a été faite. Je suis devenue une femme indépendante et sûre d’elle et non plus la femme timide qui a peur de son ex mari. Mon message aux victimes est de ne plus se taire et d’oser à en parler, car personne ne le fera à votre place. » 

Pour régler la situation d’autres Noura et Moufida, n’est-il pas temps de trouver des solutions pour tenter d’en finir avec le phénomène de la violence? Cela passe notamment par un travail concerté entre les intervenants, à savoir les organismes d’aide, la société civile, la police, la justice, l’éducation et la santé.

Alors brisons cette loi du silence, il est temps!

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