Mohsen Marzouk prône une « rupture totale et définitive » avec Ennahdha

mohsen marzouk

Crise politique aiguë, blocage du Dialogue national, des scènes de chaos dans l’hémicycle, guéguerre entre les trois présidence. C’est dans cette ambiance morose que Mohsen Marzouk, le président de Machrou3 Tounes, lance son « projet national ». A savoir: la réunification de la famille centriste et la rupture définitive avec Ennahdha de Rached Ghannouchi.

Et si Mohsen Marzouk détenait la clé magique pour une sortie de crise politique dont le parti islamiste Ennahdha est largement responsable, depuis le règne désastreux de la Troïka?

En effet, le président du parti Machrou3 Tounes propose grosso modo d’unifier dès aujourd’hui tous les partis de la famille centriste pour mener un projet national. Avec à la clé, une rupture totale et définitive avec le parti de Rached Ghannouchi. Il s’exprimait dans une remarquable et remarquée interview qu’il accordait lundi 29 mars à notre confrère le quotidien La Presse.

Guerre d’égo

Un projet ambitieux et tant attendu par les adeptes d’une Tunisie enfin débarrassée du joug étouffant de l’islam politique, en déclin partout dans le monde. Reste la question lancinante: un projet national sous la bannière de quel parti? Et mené par quelle personnalité politique consensuelle et capable de réunir la famille centriste sous ses ailes?

Et c’est bien là où le bât blesse. Tant l’égocentrisme de ceux qui constituent la classe politique tunisienne est surdimensionné. Mais gardons espoir: désormais un projet politique digne de ce nom voit le jour. Alors, de grâce, ne l’étouffez pas dans l’œuf avec vos stupides guéguerres et vos ridicules divisions qui ne servent qu’à maintenir Ennahdha et ses consorts au pouvoir.

Que signifie « famille centriste » ?

Mais que désigne précisément le concept de la « famille centriste » dans l’esprit de Mohsen Marzouk? La réponse tient en deux mots: Patriotisme et Progrès.

« La  polarisation est entre islamistes et forces nationalistes. A chaque époque, une force politique représente ce projet nationaliste. A un moment, il y avait la gauche, puis le parti de Néjib Chebbi, après Nidaa Tounes et maintenant le PDL ». C’est ce que rappelle le président de Machrou3 Tounes.

Et  d’expliquer: « Nous avons toujours appelé à l’unification des partis de cette tendance nationaliste, sur la base de trois grands principes.

Premièrement, nous devons nous définir par rapport à un projet de progrès, pas pour contrer Ennahdha. Si nous sommes contre Ennahdha, c’est parce qu’il représente un projet international essayant d’arrêter ce progrès.

Deuxièmement, nous devons nous engager, d’une façon claire et solennelle, de ne plus gouverner avec Ennahdha. C’est une rupture totale avec Ennahdha, mais aussi avec les partis de la corruption politique. Tous ceux qui sont impliqués dans des affaires politiques de corruption ne doivent pas faire partie de ce projet. Il faut rompre définitivement avec l’extrémisme religieux.

Troisièmement, gérer les ego. L’ego positif est nécessaire pour une vie politique. Mais pour le gérer nous avons des instruments politiques et démocratiques, ce sont les primaires. Ce sont les militants de ce projet qui doivent élire celui qui va représenter ce projet politique ». Telles sont les conditions sine qua non pour faire aboutir le projet grandiose de la réunification de la famille centriste, préconisé par Mohsen Marzouk.

« Rupture totale et définitive » avec Ennahdha

D’autre part, l’ancien ministre-conseiller du feu président Béji Caïd Essebbsi prône une rupture définitive avec le parti Ennahdha. « Nous devons nous engager, d’une façon claire et solennelle de ne plus gouverner avec Ennahdha. C’est une rupture totale avec Ennahdha mais aussi avec les partis de la corruption politique. Tous ceux qui sont impliqués dans des affaires politiques de corruption ne doivent pas faire partie de ce projet. Il faut rompre définitivement avec l’extrémisme religieux », a-t-il martelé.

Mohsen Marzouk pour une 3ème République

Mais en attendant que le « projet national » se concrétise, Mohsen Marzouk appelle ouvertement au départ de Rached Ghannouchi. « Il doit partir. Il a transformé le Parlement en sa propre propriété féodale, il cristallise la crise », continue-t-il.

Mais cela ne résoudra pas toute la crise politique, avoue-t-il. « Le Parlement est très divisé, les prérogatives des deux têtes de l’Exécutif ne sont pas claires, c’est pour cela que nous avons appelé à l’instauration de la 3e République, avec la mise en place d’un nouveau système politique. Nous appelons à un système présidentiel démocratique, mais aussi à un régime électoral permettant de faire émerger une majorité parlementaire stable ». Ainsi, préconise M. Marzouk.

Des propos clairs et précis, des propositions concrètes. De la pondération et de la retenue. Bref, un discours qui se démarque nettement de la médiocrité ambiante de notre classe politique.

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