L’édition 2021 du Classement annuel des entreprises tunisiennes

Classement des Entreprises tunisiennes 2021

Le palmarès des entreprises 2021 revêt cette année une connotation toute particulière. Il marque ainsi le couronnement du dixième anniversaire de la révolution de décembre 2010 – janvier 2011. 

Nos entreprises pouvaient en espérer le meilleur, comme elles pouvaient en craindre le pire. Au final, il n’y eut ni l’un, ni l’autre. Ce qui, hélas, ne les met pas en meilleure posture pour monter en grade dans l’échelle du développement et de l’innovation, pour accélérer leur transformation et gagner en agilité, en qualité et en compétitivité. Passage obligé, dès lors qu’elles sont en permanence confrontées à cette impérieuse nécessité de consolider et d’élargir leurs parts de marché au plan local et à l’international, condition de leur propre pérennité. 

Cet entre-deux a fracturé le tissu productif. Il a fait des ravages et semé la désolation parmi de larges fractions de PME/PMI. Certaines, et elles sont nombreuses, n’ont pu résister au malström politico-social post-révolution. Les autres, celles retranchées dans le camp des rescapées, en portent encore les stigmates. Elles affichent aujourd’hui des résultats inférieurs à ceux qu’elles auraient pu atteindre, si elles n’étaient exposées à une onde de choc d’un genre nouveau.

Insuffisant, pourrait-on dire, ou au mieux, peuvent mieux faire. Triste verdict. Voir chuter notre socle productif de cette manière avec une telle ampleur et nous retrouver à ce point en deçà de notre potentiel de croissance et de  développement, alors qu’on était à deux doigts d’accéder au rang des émergents, c’est pour le moins inconsolable.

Le constat est affligeant

Les dix dernières années n’auront servi à rien, sinon à déstructurer, déstabiliser, répandre le doute chez les industriels et enclencher un processus de désindustrialisation dont on n’a pas encore fini d’en mesurer les conséquences. Une décennie de perdue, avec son effroyable cortège de milliers de PME décimées. Le plus gros bataillon de notre force de frappe industrielle est en déroute, en quête de nouveaux repères, de liquidités, de soutiens financiers, d’une législation plus clémente et d’un climat des affaires moins contraignant. On ne voit rien venir qui leur fasse voir la lumière du bout du tunnel.

Ce qui ne tue pas rend plus fort. Certes, et d’ailleurs, plus d’un de nos groupes industriels, de nos champions nationaux, pourtant tant décriés, ont pu faire face à l’adversité avec courage, patriotisme et détermination. Ils ont su maintenir leur cap et avancer contre vents et marées. Mais pour chaque entreprise sortie indemne de la tempête, combien d’entre elles se sont noyées sous les flots, alors que rien ne les prédestinait à un tel naufrage ? Il n’est écrit nulle part qu’il faille faire payer à nos entreprises le prix des turpitudes, des errements, de l’amateurisme, de la cupidité et de l’irresponsabilité de dirigeants politiques, qui ont sacrifié les impératifs économiques du pays à la seule fin d’assurer et de garder leur emprise sur le pouvoir. La politique a vampirisé, cannibalisé l’économie. Dix années durant, les enjeux politiques ont écrasé l’impératif économique et financier, jusqu’à provoquer notre déclin.

Top 10 entreprises tunisiennes

Entreprises

Palmarès des Entreprises tunisiennes

En tête du palmarès, l’architecture des entreprises a peu changé. La ligne de démarcation de la sociologie du capital entre public et privé a à peine bougé, sous la poussée des premiers groupes privés. Reste que l’envolée du niveau d’activité des entreprises publiques ne traduit en aucun cas de véritables performances commerciales. Celles-ci, en dépit des chiffres d’affaires mirobolants, sont dans l’incapacité de faire face à leurs obligations fiscales et à leurs charges sociales. Elles sont, en revanche, criblées de dettes, quand elles pouvaient, si elles étaient soumises à d’autres modes de gouvernance plus rationnels, inonder de leurs bénéfices les caisses de l’Etat, dont elles sont aujourd’hui tributaires.  Exonérées de l’obligation de résultat, leur fonction et rôle économique s’estompent devant ce qui semble être leur seule préoccupation sociale, au risque de couler sous le poids du sureffectif. On ignore jusqu’où elles pourront performer, si elles étaient libérées de leurs entraves et livrées à la seule logique du marché et à l’impératif de compétitivité. Nul doute qu’elles soulèveraient l’économie, qu’elles enfoncent aujourd’hui dans les eaux marécageuses de la récession.

Les grands groupes privés – certains ont manqué à l’appel pour des raisons qui leur sont propres, mais qui ne les grandissent pas – ont fait mieux que résister. Ils ont certes perdu quelques-uns en cours de route, qui n’ont pas su quitter à temps leur zone de confort. L’erreur, l’insouciance, le manque de discernement, le déficit d’anticipation ne sont pas le seul apanage du secteur public.

Les entreprises de taille intermédiaire et moyenne ne sont pas logées à la même enseigne. Celles qui s’inscrivent dans le mouvement et les mutations de l’économie mondiale et qui sont perméables aux innovations technologiques, sociales et sociétales, s’affirment dans leur cœur de métier et creusent d’une année à l’autre leur sillon. Elles ont besoin de puissants projecteurs et de plus de visibilité pour accélérer la cadence.

Signe particulier

Le millésime 2020 voit grossir le nombre des technologiques.  Elles portent la marque du nouveau monde qui arrive. Elles ont des idées et s’en donnent les outils et les moyens pour s’y projeter. Grâce à ces pépites et valeurs technologiques, on voit fleurir, dans nos murs et nos écrans, une nouvelle littérature dédiée à la gloire de l’intelligence artificielle. C’est de bon augure pour l’avenir. 

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