30 ans de prison pour trois jeunes, le verdict de la honte!

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Trois jeunes  au Kef viennent de se voir condamnés à 30 ans de prison pour avoir fumé un joint. Entre 5 ans de prison pour consommation,  5 ans de prison pour détention de cannabis avec l’intention de le consommer, et  20 ans de prison pour préparation d’un local pour la consommation, il y a de quoi se poser des questions quant au verdict du juge?

Une question fait l’unanimité: n’est-il pas  temps de réformer la justice, mais aussi de revoir la loi 52 relative à la consommation de cannabis ? Un débat ayant fait l’objet de polémique en Tunisie, depuis plus  de cinq ans.. 

Depuis cette annonce de condamnation, la toile s’est enflammée dénonçant cette condamnation. D’ailleurs, la plupart des internautes estiment que ce qui s’est passé est une honte pour le 21 ème siècle ainsi que les dix ans après la révolution. 

Sana Ghenima « Face à l’injustice à tous les niveaux »

Sana Ghenima, militante de la société civile et fondatrice de l’association femmes et leadership souligne pour sa part: “ La honte ! Un pays où on force tout le monde et principalement les jeunes à déserter face à l’injustice à tous les niveaux”.

De son côté, Abdelaziz Belkhouja, analyste politique, n’a pas mâché ses mots via son post fb: « Comment le même acte peut-il n’avoir aucune conséquence ou au plus à peine une amende dans la plupart des pays et conduire à 30 ans de prison chez nous ? Pourquoi le président de la République, l’assemblée et le gouvernement ne font rien pour corriger ces débilités profondes qui ne font que révolter les jeunes? « 

Même constant pour grand nombre d’internautes  aussi bien jeunes que moins jeunes, eux-aussi  doutent de l’échec retentissant de la démocratie à la tunisienne. Certains sont même allés à dire que l’ancien président ZineEl Abdine Ben Ali était un enfant de cœur comparé à ceux qui dirigent le pays aujourd’hui. 

Alors que d’autres internautes estiment qu’étrangement que cela puisse paraître,  il y a plus d’indulgence pour les violeurs, les assassins et les terroristes, contrairement aux jeunes. 

Rappelons qu’il y a plus de trois ans, des responsables de Human Rights Watch, Avocats sans Frontières et la Ligue tunisienne des Droits de l’Homme ont estimé  que le projet de loi en chantier devra  être corrigé. A savoir, les dispositions répressives de la loi 52, promulguée en 1992. Les  trois organismes ont rappelé que la loi 52 sur les stupéfiants n’a fait qu’aggraver les violations des droits humains lors de l’arrestation et de l’interrogatoire.

Les recommandations des  ONG

Les trois ONG ont publié un rapport sur la situation  présentant une série de recommandations parmi lesquelles :

-Eliminer les sanctions pénales pour usage ou possession de drogues pour un usage personnel. En maintenant l’option des peines de prison pour l’usage et la possession de drogues illicites.

-Réviser le projet de loi 79-2015  à propos de l’incitation à la consommation qui est une  infraction  préoccupante en matière de liberté d’expression et qui ouvre la voie à de possibles dérives.

Par ailleurs, il y a plus trois ans de cela, la loi 52 dans sa version amendée a recueilli 133 voix pour, cinq abstentions et deux voix contre. Ce qui veut dire que cet amendement consiste de permettre aux juges d’apprécier au cas par cas, dans les affaires de consommation de stupéfiants. C’est-à-dire de ne plus être contraints de condamner à de la prison ferme les consommateurs. Mais de pouvoir les condamner à de la prison avec sursis ou à une amende.

En somme, ce qui se passe en Tunisie est hallucinant!

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