Scènes de violence à l’ARP : grossièretés, vulgarité et sexisme

ARP

Dans une vidéo largement partagée sur la toile, on voit le député d’Al Karama Seïfeddine Makhlouf agresser sa collègue Abir Moussi. Et ce, dans l’enceinte du Palais abritant l’ARP. Sentiment d’impunité après la carte blanche qui lui a été accordée par Rached Ghannouchi en contrepartie de sa docilité?

Faut-il encore s’étonner que les Tunisiens tiennent en piètre estime nos respectables élus de l’ARP, après ce qui s’est passé hier mercredi 27 janvier sous le vénérable dôme du palais de Bardo, « source de la légitimité », selon la propre expression d’Hichem Mechichi?

Une agression en règle

Le moins que l’on puisse dire est que ce que nous avons vu sur la toile dépasse tout entendement. En live, Seïf Eddine Makhlouf arrachait de force le téléphone portable des mains de sa « collègue » Abir Moussi. Des gestes menaçants et des noms d’oiseaux qui fusaient et que la décence nous empêche de répéter.

« Sois polie, ne me filme plus, la prochaine fois je mettrai ton portable en mille morceaux! Sois polie, pas de mise en scène en ma présence. Tu n’es qu’une lâche, une voleuse et une criminelle. Moi,  je n’ai pas eu peur de ton ancien maître», vociférait le porte-parole d’Al Karama; alors qu’elle se protégeait le visage de peur d’être agressée physiquement.

Deal à l’ARP

En effet, tout s’explique selon un enchainement implacable des faits. Et comme le dirait un délicieux dicton tunisien: « Suis le point de couture si tu es un bon tailleur » !

Ainsi, à peine quelques heures après le vote de confiance accordé au gouvernement Mechichi- notamment par Ennahdha et Al Karama de nouveaux alliés après une légère brouille- que déjà la présidence de l’ARP publiait un communiqué au sujet de l’altercation datant du 7 décembre 2020, pour donner raison à Al Karama. En condamnant fermement « la violence verbale flagrante des députés du bloc démocrate envers les députés du bloc Al Karama ».

Or, tout porte à croire qu’il s’agit d’un deal: la condamnation du bloc démocratique en échange du vote de confiance des députés d’Al Karama en faveur des nouveaux ministres du gouvernement Mechichi.

Carte blanche

Ainsi, Rached Ghannouchi, par une entourloupette dont il a le secret, récompense le bloc Al Karama pour avoir voté en faveur du gouvernement Mechichi II. Accordant ainsi un blanc seing au sulfureux Makhlouf pour reprendre ses veilles bonnes habitudes; en s’attaquant de nouveau à Abir Moussi, la bête noire du cheikh de Montplaisir et dangereuse rivale dans les prochaines législatives.

Pour rappel, le président de l’ARP n’avait pas pris des sanctions disciplinaires contre Al Karama de gaité de cœur.

On se souvient qu’il a fallu que le sang coule à l’hémicycle le 15 janvier en cours et qu’Abir Moussi exerce une grosse pression sur la présidence de l’ARP, suite à la grève de la faim entamée par Samia Abou, pour que Ghannouchi daigne accepter de condamner la violence perpétrée par ses alliés naturels sur le député du bloc démocrate.

« Un bloc terroriste » selon l’UGTT

D’autre part, l’UGTT se déclare « choquée de l’agression brutale et flagrante perpétrée par le chef du « bloc terroriste » contre Abir Moussi. La centrale syndicale « condamne ces dérapages dangereux et appelle le président de l’ARP et tous les députés à prendre des mesures juridiques pour arrêter cette vague de violence sous la coupole du Bardo. De même qu’à lutter contre le discours haineux de la Coalition Al Karama à l’encontre de ses opposants ». C’est ce qu’on peut lire dans un communiqué émanant hier de la centrale ouvrière.

Que faudra-t-il de plus pour que la présidence de l’ARP se décide à mettre fin à l’escalade de la violence au sein de l’hémicycle? Et n’est-il pas légitime de penser que la violence exercée dans la rue par les jeunes émeutiers n’est que le reflet de ce qui se passe au Parlement?

Ce qui est certain, c’est que les comportements puérils et irresponsables de certains de nos élus ne font qu’élargir davantage le fossé entre le peuple et la classe politique.

A bon entendeur, salut !

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