Année 2021: gardons le sourire…sous le masque

Année 2021 masque

Par Abdeljellil Messaoudi

Faire le bilan de l’année qui s’achève et parler des perspectives de l’année 2021 est une figure obligée dans le travail journalistique. Nous y cédons dans cette chronique.

Il faut dire que l’année 2020 a été particulière. « Particulière » ? C’est une litote. L’année a été anormale, extrême, mortelle. Oui, mortelle, au propre comme au figuré. Le Coronavirus a pris l’humanité au dépourvu. Comme pour l’éprouver, la pousser à s’examiner et à estimer sa civilisation.

Et disons-le sans attendre : le résultat est catastrophique. D’abord, on s’est vite rendu compte que le savoir scientifique actuel est incapable de faire face à un virus dont on ne sait, une année après sa manifestation, ni l’origine, ni ce qui a provoqué son apparition. L’homme qui, hier encore, croyait avoir triomphé de tous les pièges de la nature et avançait, sourire aux lèvres, est aujourd’hui  obligé de se flanquer un masque en tissu sur le visage.

Non, l’homme n’a pas maîtrisé la nature.

Pas plus que la nature extérieure, l’homme ne maîtrise pas sa propre nature. Et c’est le Coronavirus qui l’a démontré en découvrant les égoïsmes affligeants des États et des peuples. D’abord les masques, puis les tests, puis les respirateurs, puis l’oxygène,…Tout est devenu affaire de marchandage, de sous et de recherche d’intérêt et d’influence.

Non, l’homme n’a pas changé.

D’ailleurs, l’homme, cet homme qui, au début du millénaire, évoquait la fin de l’histoire, et qui, il y a quelques années seulement, parlait de l’intelligence artificielle comme de la promesse d’un monde merveilleux s’ouvrant pour l’humanité, hé bien, cet homme a été résumé par le Coronavirus à de simples postillons. L’homme parle et ses mots portent le vilain virus qui contamine la personne qui écoute. Il faut donc isoler l’homme de… l’homme. Cela s’appelle «  la distanciation sociale ». Triste expression qui a réduit l’être humain à une existence sans désirs, sans sentiments, sans sociabilité.

Catastrophe sanitaire, la pandémie l’a été aussi sur le plan de la gouvernance mondiale avec, en plus, un président américain inconstant et impulsif. La communauté mondiale n’a jamais été autant désunie, en panne d’initiatives et de stratégies. C’était un sauve-qui-peut général et attristant. Et qui, plus grave encore, donne la mesure de l’impréparation du monde à affronter de futures calamités, comme celles pouvant résulter du réchauffement climatique.

Chez nous, le sursaut de solidarité et d’entraide provoqué par le confinement du mois de mars a laissé place à une fatale démobilisation. L’explosion d’intelligences parmi les jeunes qui rivalisaient d’ingéniosités pour face à la pandémie, s’est tout simplement tue. Elle a été oubliée.

Mais la grande leçon de cette Covid-19 est l’inquiétante absence d’un leadership, et donc, d’une direction politique préalable à toute gouvernance. Pendant qu’on tient des discours grandiloquents à Carthage, que l’on se chamaille au Bardo et que l’on se tait à la Kasbah, la pandémie se propage et tue.

Triste année, et pourtant.

Des vaccins ont été développés en un temps record. Trump est battu. La Chine continue son développement qui, comme autrefois avec la puissance Etat-unienne, permet à l’économie mondiale de garder la tête hors de l’eau.

Un dialogue national est enfin annoncé en Tunisie. Alors, gardons quand même le sourire…sous le masque en cette année 2021.

Bonne année 2021 !

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