Derniers jours de BCE : le témoignage fracassant d’une proche conseillère

BCE

Proche conseillère de l’ancien président de la République Béji Caïd Essebsi (BCE), Saida Garrache livre pour l’histoire un témoignage de première main sur ses derniers jours. Extraits.

C’est un témoignage de première main livré par une proche collaboratrice sur la fin de règne peu connue de feu Béji Caïd Essebsi. En effet, BCE présida notre pays du 31 décembre 2014 au 25 juillet 2019.

BCE cerné par un ghetto familial

Ainsi, revenant sur les coulisses des derniers jours du président défunt, Saida Garrache– avocate de son état, militante de longue date des droits et ancienne porte-parole de la présidence de la République- révélait entre autres que la famille de BCE distillait des informations au compte-gouttes sur son état de santé.  « Sa famille a tout  cadenassé… BCE  était sur son lit de mort et le Cabinet présidentiel n’en savait rien. Au mieux, nous recevions des informations contradictoires », écrit-elle.

« Comme une coquille, la famille s’était refermée sur le président et ne nous donnait aucune information. Cependant, lorsque son état de santé s’est détérioré, et ne sachant que faire, des membres de sa famille m’ont appelée. Ils voulaient que le président passe ses dernières heures à son domicile à la Soukra, sans alerter l’opinion publique. J’ai répliqué que BCE n’était pas uniquement leur père, mais aussi le président de tous les Tunisiens. Je leur ai dit que le communiqué devait émaner du cabinet présidentiel. Ce qui a été fait ». C’est ce qu’affirmait la conseillère du président, hier dimanche 24 janvier 2021, à l’émission « Portrait » d’Elyes Gharbi, sur les ondes de Mosaïque Fm.

Une signature présidentielle non conforme?

Par ailleurs, étant empêchée de rencontrer le chef de l’Etat quelques jours avant son décès, elle indiquait qu’une fausse liste de grâce présidentielle signée par le président lui était parvenue. Et ce, le 25 juillet 2019, soit le jour de sa disparition. Or, s’étant aperçue avec stupéfaction que la signature n’était pas authentique, le document avait fini à la poubelle!

« Ce document signé était parvenu au cabinet du président de la République, mais il n’a pas été établi qu’il portait la signature de Béji Caïd Essebsi. Il nous a semblé que ce n’était pas sa signature. Nous n’avions rien compris et nous nous sommes dit que ce qui se passait était irrationnel », a-t-elle ajouté.

En outre, témoin du huis clos que sa propre famille lui aurait imposé avant sa mort, Saida Garrache affirmait que BCE n’était pas physiquement en état de promulguer les amendements introduits à la loi électorale. « Le président de la République était contre, mais, étant affaibli, il n’avait pas la force de signer », soulignait-elle.

Ni vision, ni projet politique

Mais c’est le fils aîné de l’ex-chef de l’Etat qui en a pris le plus pour son grade lors de ce témoignage inédit. Puisque Mme Garrache est revenue sur les agissements de Hafedh Caïd Essebsi du vivant de son père.

« Le fils de l’ancien président défunt a joué un très mauvais rôle. Car il se comportait comme si le parti Nidaa Tounes était la simple propriété privée de son père. D’ailleurs, il  disposait du parti comme d’une propriété familiale. Pour lui, c’était un investissement personnel », révèle-t-elle.

Puis, elle revenait sur le rôle de Hafedh Caïd Essebsi à la tête du bureau exécutif de Nidaa Tounes. L’ex-conseillère de feu Béji Caïd Essebsi faisait également remarquer qu’il n’avait pas de « vision, ni projet politique. Au contraire de son père qui avait un projet politique et une vision claire », à ses dires.

Et la réponse outragée de Hafedh Caïd Essebsi ne s’est pas faite attendre. Puisqu’il a catégoriquement démenti ces propos. En soulignant que Saida Garrache n’était pas parmi les proches de Béji Caïd Essebsi lors de ses dernières heures. « Le défunt était sous contrôle médical à l’hôpital militaire de Tunis et en contact quotidien uniquement avec le ministre de la Défense à l’époque, Abddelkarim Zbidi. D’autre part, sa famille n’avait aucun « rôle officiel » dans la prise de décisions, poursuit-il.

Et de conclure: « Béji Caïd Essebsi est décédé à l’hôpital militaire et non au palais de Carthage. Donc, qu’elle arrête de diffuser des mensonges et de porter atteinte au prestige de l’Etat ». Tel est le message qu’il repostait sur sa page FB.

Entre les deux versions des faits, l’histoire tranchera.

 

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