Comment classer la manifestation d’hier?

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La situation reste tendue depuis l’annonce du confinement général de quatre jours (14 au 18 janvier 2021). Avec en clôture de la manifestation d’hier à l’avenue Habib Bourguiba, des slogans différents. Puisqu’ils marquent les esprits, en réclamant le changement du système politique. Ainsi, ils étaient des centaines de manifestants à revendiquer leur droit à l’emploi et à la justice sociale. Sans oublier de revendiquer la libération des personnes arrêtées lors des mouvements de protestation.

En ce samedi 23 janvier, outre les demandeurs d’emploi, des représentants des partis politiques, en particulier la gauche, ainsi que les composantes de la société civile se sont réunis pour protester contre la classe politique et contre l’exécutif. A l’avenue Habib Bourguiba, un grand nombre de jeunes ont entamé une marche pacifique pour revendiquer le droit au travail. Cela dit, comment expliquer ce qui se passe, alors que la crise sanitaire est aiguë? Et que les mesures prises par le comité scientifique de lutte contre la Covid-19 sont claires: l’interdiction de tout rassemblement. 

« Cette manifestation est certes compréhensible au vu de la situation dans laquelle nous nous trouvons dix ans après. Mais elle est dangereuse en cette période d’épidémie, les conséquences épidémiologiques se révéleront dans une quinzaine de jours », souligne pour sa part Mohamed Douagi, chef de service de réanimation néonatale de l’hôpital militaire de Tunis, via son post.

Nadia Mesghouni analyste politique revient sur le paysage politique, dans une déclaration à leconomistemaghrebin.com: « La Tunisie se retrouve sur des plaques tectoniques et malgré les efforts des gouvernements successifs, on se retrouve toujours face à une impasse. Il y a absence de la paix sociale, qui, à mon sens, est l’une des clés du développement. Mais ce qui se passe, c’est qu’on assiste à une  rupture entre le chef du gouvernement et le président de la République, sans oublier l’instabilité politique. Ce qui a engendré le désespoir de la jeunesse, qui ne voit malheureusement pas le bout du tunnel. Celle-ci se trouve comme une morte-vivante. Et je pense que la situation va s’aggraver de plus en plus. En somme, il n’y a pas de vraie démarche pour résoudre cette grave situation. Et comment on dit, ceux qui n’ont rien à perdre sont les plus dangereux. » 

Selon elle, les jeunes n’ont plus cette patience encore moins l’espoir. De ce fait, il y a urgence à mettre en place une stratégie claire et efficace à court terme sinon cela va se dégrader. Et de conclure: « Car la manifestation d’hier incluait des jeunes de plusieurs tranches d’âge qui sont en rage et en désespoir. Ce sont des jeunes qui n’ont rien à perdre malgré le gaz lacrymogène et les coups de matraque. Et ce qu’on a vu hier comme un déploiement des forces de l’ordre était faramineux. Bref, la manifestation d’hier était un signe négatif. » 

Il est à rappeler que le couvre-feu est instauré depuis le 6 octobre 2020 à ce jour. Et ce, en raison de la situation épidémiologique. 

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