Passeport spécial de Makhlouf : flou et zones d’ombre

passeport spécial

Le passeport spécial accordé au député d’Al Karama, Seifeddine Makhlouf, est-il conforme aux règles? L’ARP se confond en justifications alambiquées, le ministère de l’Intérieur s’explique. Alors que le PDL crie à la « corruption administrative et au népotisme ».

De toute évidence, le député d’Al Karama, Seifeddine Makhlouf, a le don de s’attirer des ennuis. La preuve? Il aurait pu se la couler douce sur le lac Léman, lors de son séjour en Suisse aux frais de la princesse. Non, il a préféré publier un selfie où on le voit, tel un enfant gâté, exhiber son joujou: un passeport rouge.

Certainement dans le but de narguer ses détracteurs; et ils sont nombreux. Comme quoi, non seulement il jouit de l’immunité parlementaire. Mais en plus, Monsieur se déplace avec un passeport diplomatique; créant ainsi le buzz. Sachant qu’il ne peut exister sans qu’on ne parle de lui, en bien ou en mal. Peu importe…

Polémique

Savait-il que l’octroi d’un passeport spécial allait susciter une grosse polémique en Tunisie? Et qu’on soupçonne son mentor politique Rached Ghannouchi, de lui avoir accordé cette faveur, en entorse aux règlements internes de l’ARP?

Quid du passeport spécial?

Car, « l’invitation a été adressée à Makhlouf à titre personnel; en sa qualité de président de la commission des martyrs et des blessés de la Révolution. Il a pu voyager grâce au passeport spécial délivré aux députés pour leur permettre de participer aux activités liées à leurs fonctions ». C’est donc ce qu’on peut lire dans un communiqué publié, hier mardi, par la présidence de l’ARP.

Ainsi, « Makhlouf a été invité par l’Association tunisienne des Victimes de la Torture. En tant que président de la Commission des Blessés et des Martyrs de la Révolution, pour se rendre à Genève. Dans le but de participer à une réunion sur le thème de la justice transitionnelle, à Genève, du 21 au 27 décembre 2020. Le passeport en question lui a été délivré par le ministère de l’Intérieur, pour qu’il puisse accomplir sa mission ».

Toujours selon le même communiqué, le bureau du parlement a fait savoir que Makhlouf ne devait pas avoir une autorisation du parlement. Puisque les charges de son voyage sont assurées par la partie qui l’a invité.

Dans ce cas, pourquoi avoir accordé à Makhlouf un passeport spécial rouge? Alors qu’il s’agit d’un déplacement privé pour répondre à une invitation personnelle. L’ARP n’est pas à une contradiction près.

Pour sa part, le ministère de l’Intérieur a rendu public un communiqué, mardi 29 décembre 2020. Il y précise que le passeport délivré à Seifeddine Makhlouf n’est pas un passeport diplomatique. Soulignant que ce type de passeport est exclusivement fourni par le ministère des Affaires étrangères.

Et d’ajouter que le passeport en question est un passeport spécial accordé ponctuellement pour les missions officielles. Il est remis à l’intéressé sur présentation d’un ordre de mission. Sachant que les services de la police des frontières le récupèrent immédiatement dès le retour sur le territoire tunisien.

« Corruption administrative »

Sautant sur l’occasion, la présidente du PDL, Abir Moussi, ne ratait pas cette aubaine pour enfoncer son ennemi juré. En lui déniant le droit de disposer de ce passeport « puisque Makhlouf n’a été chargé d’aucune mission officielle. De plus, le bureau de l’ARP, dont elle est membre, n’aurait pas statué sur cette question ».

A l’occasion, le PDL a appelé dans un communiqué à l’ouverture d’une enquête concernant l’octroi de ce genre de passeport. Tout en se réservant le droit de porter plainte contre celui qui a accordé à Makhlouf ce privilège. Car « il s’agit d’un acte de corruption administrative et de népotisme envers ce dernier député ».

Morale de cette histoire: in fine, c’est l’arroseur arrosé!

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