L’impunité, jusqu’à quand ?

Rached Khiari impunité

Juste quelques jours après les messages de condoléances et de compassion adressés par la Tunisie à la France à la suite de l’horrible décapitation de l’enseignant Samuel Paty par un terroriste tchétchène, nous voilà de nouveau dans l’embarras. Un embarras plus grand encore dans lequel nous nous trouvons puisque le terroriste de Nice s’est avéré être un criminel de nationalité tunisienne.

Mais qu’elles que soient la sincérité des condoléances et la chaleur de la compassion que la Tunisie présente officiellement à la France, ce qui fait les gros titres des médias, ce qui reste dans les esprits, c’est la justification des actes terroristes. Des justifications d’autant plus scandaleuses qu’elles proviennent de pseudo-politiciens qui, pour le malheur de la Tunisie et de son image, siègent au parlement et fanfaronnent en brandissant le titre fallacieux de « représentant du peuple ».

Fallacieux, parce que le député Rached Khiari et ses semblables au parlement ne représentent pas le peuple. Ils représentent l’ignorance la plus crasse et l’obscurantisme le plus abject. Ont-ils fait autre chose depuis leur absurde élection à part insulter la France, justifier le terrorisme, s’en prendre à Abir Moussi et entacher gravement la réputation du parlement tunisien ?

Jamais depuis sa création, le parlement tunisien n’est descendu aussi bas et sa réputation n’a été aussi entachée. Comment peut-il en être autrement quand l’un de ses membres n’hésite pas à voler au secours du terroriste tchétchène qui a égorgé l’enseignant français Samuel Paty ?

Pain béni pour l’extrême droite

Il est à rappeler ici que le terroriste tchétchène est un adolescent de 19 ans à qui la France a donné le statut de réfugié politique pour le protéger des menaces, réelles ou supposées, qui mettraient sa vie en danger dans son pays. Pour avoir donné le bon statut de réfugié au mauvais demandeur, la France a perdu l’un de ses braves enseignants. Elle a donné en même temps des arguments de poids à l’extrême droite hostile au droit d’asile et aux émigrés. Et pour qui tout acte terroriste est pain béni de nature à accroître sa popularité.

Un gamin de 19 ans ne pourrait pas commettre un acte aussi horrible s’il n’avait pas été préalablement fanatisé et aveuglé par les doctrinaires du terrorisme. Ceux-là même qui ont leurs défenseurs au sein du parlement tunisien.

Au moment où ces lignes sont écrites, le député Rached Khiari n’a pas encore réagi à l’action terroriste de Nice, perpétrée par un délinquant tunisien, fanatisé et aveuglé lui aussi par les doctrinaires du terrorisme. Mais on peut se permettre ici un raisonnement déductif. Si Rached Khiari n’a trouvé aucun scrupule à soutenir l’égorgeur tchétchène. Comment interpréter son silence. Mystère.

Pour mémoire, il n’a intérêt à aggraver son cas avec le ministère public qui, semble-t-il, a ouvert une enquête à son encontre pour apologie du terrorisme.

Silence radio

En effet, il a été annoncé que le tribunal de première instance de Tunis allait ouvrir une enquête préliminaire contre le député Khiari pour apologie du terrorisme. Mais depuis, rien. Silence radio.

Silence radio aussi du côté de la classe politique et des groupes parlementaires, à l’exception de la présidente du PDL, Abir Moussi.

Depuis 2011, on ne compte plus les délits et les forfaits commis par des représentants de la classe politique tunisienne. Pourtant, aucun député n’a vu son immunité levée. Aucun politicien n’a été trainé en justice.

Nombre de citoyens se lamentent face à cet incroyable règne de l’impunité qui ravage le pays. La dernière manifestation du rejet citoyen de cette impunité est la pétition publiée le 24 octobre par une quarantaine d’intellectuels tunisiens dans laquelle ils demandent que le député Rached Khiari soit traduit devant la justice pour apologie du terrorisme.

Il est à craindre que cet appel, comme tant d’autres, ne soit qu’un prêche dans le désert. Mais cette crainte ne devrait en aucun cas décourager les hommes de bonne volonté dans ce pays. Ils devront continuer à crier haut et fort : l’impunité, jusqu’à quand ?

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here