Quand un litige personnel met la ville de Chebba en ébullition

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La décision prise par la FTF de geler les activités du Croissant Sportif de Chebba pour la saison 2020-2021 met cette paisible ville côtière en ébullition. Retour sur une polémique personnelle entre Wadii Jary et Tawfik Mkacher. Et dont les conséquences sur la paix civile peuvent s’avérer très lourdes.

Comment se fait-il qu’un simple litige personnel entre deux responsables sportifs puisse dégénérer en de graves troubles à l’ordre public dans cette paisible ville de Chebba? En l’occurrence, ce sont Wadii Jery, président de la FTF et Taoufik Mkacher, président de Croissant Sportif de Chebba, qui s’opposent. Sachant que la municipalité a déjà perdu son maire et son Conseil municipal. Puisque tous les deux sont démissionnaires et qu’une grève générale y avait été décrétée.

Car en ayant pris la dangereuse décision de geler les activités du Croissant Sportif de Chebba et de l’interdire de toute compétition au cours de la saison 2020-2021, la Fédération Tunisienne de Football (FTF), a mis le feu aux poudres au sens propre et comme au figuré.

Entorse aux règles

Mais pour comprendre cet imbroglio aux multiples facettes, il faudra revenir à la saison 2018-2019. L’année au cours de laquelle le Croissant Sportif de Chebba jouait en Ligue 2.

En effet, étant champion de son groupe et donc promu automatiquement en Ligue 1, le club de Chebba refusa contre toute logique de disputer un match pour désigner le Champion de la Ligue 2.

Alors, comment expliquer cette étrange et inédite entorse aux règlements de la FTF?

Ainsi, les dirigeants du CSC justifient leur refus en arguant que la date de l’organisation de ce match est inappropriée. Puisque la saison était achevée depuis longtemps; et que plusieurs de ses joueurs avaient été libérés.

Crime de lèse-majesté

Or, le litige entre l’instance suprême du football tunisien et le président du club de Chebba devient personnel. Et ce, lorsque, quelques mois plus-tard, le président du CSC, Taoufik Mkacher refusa d’accorder sa voix à Wadii Jary qui briguait un nouveau mandat à la présidence de la FTF. De même qu’il décida dans la foulée d’entamer une action en justice civile pour vérifier les états financiers de la FTF. L’affront suprême!

Vengeance

Toutefois, et comme la vengeance est un plat qui se mange froid, le club de Chebba, désormais en Ligue 1, s’attire les foudres de la Ligue Nationale de Football Professionnel. Effectivement, elle lui inflige moult amendes qui s’élèvent à 203 000 dinars. Une somme astronomique pour un club nouvellement promu en division d’honneur.

Donc, dos au mur, Taoufik Mkacher se disait prêt à payer les amendes. Mais il demandait en revanche l’échelonnement des paiements. Refus net de la part de Wadii Jary.

Et la sanction de la FTF tomba comme un couperet: geler les activités du Croissant Sportif Chebbien pour la saison 2020-2021. Et par conséquence, la formation de la Chebba sera privée de toutes les compétitions relevant de la FTF.

A quel prix?

Mais toujours est-il que, mis à part la légitimité des arguments juridiques de la FTF qui n’a fait qu’appliquer la loi, M. Jerii était-il conscient de l’impact politique de sa décision? Car en déclarant le CSC forfait pour une saison entière, c’est la ville de Chebba férue du football qu’il sanctionnait de facto!

En outre, le président de la FTF sait parfaitement qu’il est intouchable. Car, il pourra s’appuyer sur la FIFA qui veille jalousement à ce que la politique n’interfère point avec le football.

Certes, Wadii Jary, même s’il flotte un air de vengeance dans sa décision jugée cruelle et excessive, n’a fait qu’appliquer scrupuleusement la loi. Mai à quel prix? Des pneus brûlés, des routes bloquées par les habitants de la ville et la grève générale décrétée depuis hier lundi.

Trop c’est trop…

 

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