Positivons ! malgré tout…

Tunisie

Nous n’arrivons pas à voir le bout du tunnel : les mauvaises nouvelles en cet automne 2020 s’accumulent et s’entremêlent. A la crise économique et sociale qui s’aggrave depuis le soulèvement de 2011, se sont ajoutés les effets d’une crise mondiale majeure, causée par un virus d’une centaine de nanomètres de diamètre.

Les bouleversements en cours en Tunisie et à l’échelle du monde ont déjà impacté lourdement notre style de vie et notre manière de concevoir le développement.

Sur le volet économique, le secteur-phare du tourisme a vu cette année ses recettes chuter de 60%, enregistrant plus de 2,5 Milliards de Dinars de pertes à fin septembre. Selon la Fédération de l’Hôtellerie, plus de 50% des unités hôtelières ont mis la clef sous la porte. Le reste ne pourra à terme résister à la crise si elle venait à durer dans le temps.

Les effets de la crise sanitaire ont également mis à mal les principaux moteurs de notre croissance industrielle. Les activités du textile, des composants automobiles et aéronautiques ont notamment perdu des dizaines de milliers d’emplois. L’on chiffre l’ensemble des  pertes sur le marché de l’emploi à plus de 160.000 postes.

Ces contre-performances se répercutent sur la perception du site Tunisie. L’Agence de notation Moody’s vient de confirmer la note d’émetteur «B2» de la Tunisie, en lui rajoutant des perspectives négatives, rendant quasi-impossibles des sorties sur les marchés financiers internationaux.

Le FMI a, quant à lui, de nouveau revu ses prévisions de croissance à la baisse: alors qu’il tablait sur une contraction de 4,3% de la croissance en avril dernier, il prévoit aujourd’hui une décroissance de 7% sur l’année.

Pour autant, à bien chercher et sans verser dans un optimisme béat, il existe quelques raisons de positiver. Des raisons de voir le verre à moitié plein.

En l’espace de quelques semaines, que d’ondes positives !

La filiale de l’opérateur Tunisie Telecom, SOTETEL, a dernièrement annoncé la création d’une filiale en France après un partenariat avec le français SOGETREL. Groupe leader dans l’Intégration de réseaux et de systèmes de communication sur son marché. SOTETEL proposera son expertise dans la construction et la maintenance de réseaux télécoms. Ce partenariat montre si besoin est la capacité des entreprises tunisiennes à s’affirmer et à être reconnues à l’international dans des activités de pointe.

L’édition 2020 du Global Innovation Index vient de classer la Tunisie comme premier pays innovant en Afrique du Nord et second au niveau mondial en taux de diplômés du supérieur en sciences et ingénierie. Ce classement a été confirmé dernièrement par l’Institut des statistiques de l’UNESCO qui a placé la Tunisie en pole position des pays où le pourcentage des étudiants est le plus élevé dans les filières STEM (Sciences, Technologie, Ingénierie, Mathématiques). Elle devance des pays comme l’Allemagne, la Russie ou le Royaume-Uni.

« L’édition 2020 du Global Innovation Index vient de classer la Tunisie comme premier pays innovant en Afrique du Nord »

Le Groupe allemand Draxlmaier a récemment annoncé son intention d’ouvrir, d’ici un an, un centre de R&D dans la technopôle de Sousse, prévoyant de générer un millier d’emplois hautement qualifiés. La multinationale de composants automobiles emploie déjà en Tunisie plus de 8.000 personnes sur cinq sites différents.

Le taux de couverture des importations par les exportations a gagné plus de 4 points par rapport à la même période de 2019 et atteint 73,1%. Il est vrai que cette amélioration est en trompe-l’œil, puisqu’elle résulte en partie de l’effet conjugué de la baisse importante du volume des importations de Chine (plus de 4 milliards de Dinars). Baisse due en grande partie par l’effet du confinement du printemps.

Pour autant, cette amélioration est également la conséquence d’excédents avec nos principaux partenaires commerciaux, respectivement la France (+ 2,56 Milliards de Dinars) et l’Allemagne (+ 802 Millions de Dinars).

Le groupe Telnet annonce le lancement du premier nano-satellite 100% tunisien pour début 2021. Le lancement initialement prévu pour novembre prend un léger retard, mais il demeure une première pour un pays de la région MENA (Afrique du Nord, Moyen-Orient).

Le Groupe Vermeg devient la première entreprise tunisienne à être certifiée comme « lieu idéal de travail » (Great place to work) par la Firme internationale GTPW, spécialisée dans le bien-être dans le milieu professionnel.

Espérons que cette reconnaissance fera des émules parmi d’autres entreprises tunisiennes. Le bien-être au travail devient de plus en plus une valeur sûre dans la compétitivité des entreprises.

Ondes positives

Enfin, le projet tunisien Startup Act vient d’obtenir le prix du meilleur programme pour la catégorie “climat convenable aux affaires”, lors du dernier Forum du Sommet mondial de la société de l’information (SMSI).

L’écosystème des startups connaît une grande dynamique boostée par l’effet de la Covid-19 et l’exploitation d’outils innovants 100% tunisiens pour faire face à la pandémie.

Par ailleurs, près de 250 startups ont été labellisés entre avril 2019 et avril 2020 leur permettant d’accéder aux avantages et incitations prévues par l’initiative Startup Tunisia.

Les exemples de startups performantes se multiplient. Rien qu’au cours de ces dernières semaines, le jeune Mohamed Dhouaifi, CEO de la start-up CURE de prothèses bioniques se retrouve parmi les dix personnalités du très sélect « Next Generation Leaders » du magazine TIME.

Enfin, la start-up Enova ROBOTICS se classe dans le Top 50 des entreprises africaines les plus innovantes. Ces succès s’ajoutent aussi à ceux de startups comme NextProtein dans la foodtech ou Instadeep dans l’intelligence artificielle qui ont réussi il y a quelques mois des levées de fonds se chiffrant en Millions d’Euros à l’international.

Autant d’ondes positives célébrant la Tunisie qui gagne!

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here