Hillary Clinton: « J’allais fermer l’espace aérien de la Tunisie le 14 janvier 2011 »

Hillary Clinton

Dans ses mémoires récemment publiés, l’ancienne Secrétaire d’Etat Hillary Clinton révèle comment Washington avait « bidouillé » la révolution tunisienne. Un nouvel éclairage sur les coulisses de ce qui s’est passé le 14 janvier 2011. Dont voici quelques extraits traduits de l’anglais par Mme Zohra Credy de l’Institut Tunisien des Relations Internationales.

Le 25 janvier 2011, les membres du Congress américain ont ovationné le peuple tunisien par une standing ovation. Le Président Barack Obama déclarait dans son discours sur l’état de l’Union : « La volonté du peuple s’est avérée plus puissante que les ordres d’un dictateur ». Avant d’ajouter : « Et ce soir, disons clairement que les États-Unis d’Amérique sont aux côtés du peuple tunisien et appuient les aspirations démocratiques de tous les peuples ». Peu après, la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton se rendait à Tunis. Où elle faisait l’éloge des Tunisiens pour avoir déclenché « un grand réveil de la liberté dans toute l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient ».

Quelques années plus tard, Mme Clinton donne dans ses mémoires un nouvel éclairage sur les coulisses du Printemps arabe. Ainsi que sur le rôle des Américains dans la révolution tunisienne.

En outre, elle écrit dans son livre intitulé « Choix difficiles » : « Nous avons décidé, via notre ambassade à Tunis, de fermer l’espace aérien de la Tunisie dans la soirée du 14 janvier 2011. Et de faire intervenir la division des Marines stationnée dans notre base en Sicile près des côtes tunisiennes. Et ce, au cas où Ben Ali refuserait de renoncer pacifiquement au pouvoir et de quitter la Tunisie ».

Comble de la duperie américaine, il fallait selon Washington, induire l’opinion publique locale et internationale en erreur. Tout en faisant croire que le départ définitif de l’ex-président tunisien était motivé par une révolte populaire. « Nous avons rassuré nos collaborateurs en Tunisie qu’ils n’étaient pas visés. Mais qu’ils devaient travailler à présenter ce qui s’est passé comme une révolution », lit-on dans ce livre.

Les États-Unis ont assisté Ali Seriati, Rachid Ammar et Fouad Mbazaa

Et d’ajouter que les « États-Unis ont assisté Ali Seriati, chef de la garde présidentielle et Rachid Ammar, commandant de l’armée ainsi que Fouad Mbazaa, président du parlement ».

Hillary clinton a, également, révélé avoir personnellement dirigé cette mission. Et contacté directement le ministre de la Défense, Ridha Grira et le commandant de la garde présidentielle. Pour leur intimer l’ordre de ne pas intervenir pour protéger Ben Ali. « Sur un ton tranchant, je leur ai demandé d’informer Ben Ali qu’il devait abdiquer. Et qu’en cas de refus, l’Administration américaine se verrait contrainte de fermer l’espace aérien en coordination avec d’autres parties ».

Selon ses dires: « Le message n’est pas parvenu à Ben Ali. Le chef du parlement tunisien s’est contenté de vider son bureau et de rentrer chez lui ».

« Lorsque l’ambassade de la Libye apprit ce qui se tramait en Tunisie, l’ambassadeur en a informé par missive Kadhafi. Lequel a répondu qu’il soutiendrait Ben Ali au cas où il déciderait de ne pas céder. Et qu’il l’aiderait à faire échouer le plan américain qui visait dans un premier temps à l’écarter. Afin de ramener les islamistes au pouvoir. Dans une seconde étape, elle ferait de lui la cible principale de toute cette opération », a révélé la 67e secrétaire d’Etat sous le règne de Barack Obama.

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