Récession économique: « Aux caisses, citoyens ! »

récession économique-économie tunisienne L'Economiste Maghrébin

En ces jours de fébrilité de la classe politique, celle-ci semble perdre de vue que la récession économique à venir s’annonce bien salée. Et les questions continuent de fuser de partout sur le comment s’en sortir.

Il faut sauver l’économie tunisienne. La récession économique nous guette! . En fait c’est le soldat Tunisie qu’il faut sauver. Pour paraphraser l’appel de détresse lancé par le Cercle Kheirredine « Il faut sauver la Tunisie« .

Cela a été dit, repris, répété à plusieurs reprises. Mais les réactions se font toujours attendre. Et la situation du pays ne semble pas être la préoccupation de tous les instants que devraient avoir nos éminents décideurs. Probablement plus concernés par les aspects politiques plus qu’économiques et sociaux.

En effet, le pays en est à dix années d’activité économique au ralenti. Avec 9 gouvernements successifs. Dont le dernier n’aura duré que 4 mois. Et un dixième en gestation. Avec un taux de chômage supérieur à 15%. Avec plus de 600.000 citoyens sans emploi et le spectre du million n’est pas loin. Et avec des cessations d’activité et dégraissages envisagés par les entreprises pour survivre!

C’est que le taux de croissance au cours de cette période des dix années écoulées était rachitique. Autour de 1%. Et le voilà qui s’enregistre au-dessous de zéro. Alors que la loi de Finances pour 2020 prévoyait un taux de 2,7% du PIB. Voilà que, juste quelques mois après, les estimations tablent sur une croissance négative de -6,5% à 10%. Et 1 million de personnes de plus déclarées officiellement pauvres.

C’est que les quatre moteurs qui tirent la croissance connaissent des difficultés.

La consommation des ménages, en régression avec le nombre de débauchés en hausse constante. Et un pouvoir d’achat érodé. L’investissement réalisé par les entreprises en recul. L’investissement public déprimé par des recettes fiscales en nette baisse. Et des exportations qui évoluent en dents de scie.

Le constat est vite fait. Ces quatre moteurs sont, au mieux, en panne. Certains même en arrêt total. Et, dans tous les cas, aucun ne fonctionne comme voulu.  Pour répondre aux attentes, aux espoirs d’une relance tant attendue et espérée.

Et ce n’est pas tout. Car il convient de  tenir compte du surendettement qui a permis au pays de tenir le coup. Mais jusqu’à quand pourra-t-il continuer à vivre à crédit ? Et faire payer le citoyen de tels errements?

Face à une situation aussi dégradée, l’appel du Cercle Kheireddine est clair.  « Soit notre classe politique poursuit le même chemin avec tous les risques et les dangers pour elle et pour notre pays. Soit elle saisit la gravité du moment et change de cap. Pour ouvrir la voie à la reconstruction de notre pays. Et pour offrir une lueur d’espoir à notre jeunesse et à notre peuple. »

Car l’espoir qui fait vivre a également ses limites!

 

 

 

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