Tunisie: il n’y a pas que le Président de la République pour siffler la fin de la partie…

Journée du Savoir Tunisie président de la République Kais Saied

« Méchoui party » à l’Assemblée ou quand les visiteurs étrangers se font rares, que les devises viennent à manquer et que les caisses d’un Etat moribond restent affreusement vides. Quand les inquisiteurs s’invitent et qu’il va falloir combler un trou de huit milliards de dinars découvert dans le budget de l’Etat. Quand les protestataires d’El Kamour prennent en otage les gisements de phosphate…Les fous de l’Assemblée, cela pourrait même faire l’objet d’un film en Tunisie. Tant qu’il y a toujours des fous de quelque chose ! Après tout, pourquoi pas !

Si tous ces députés scélérats qui légifèrent n’avaient pas été députés, ils croupiraient certainement en prison. Ça ne peut plus durer, crient ceux qui pensent encore que le cauchemar doit finir d’une façon ou d’une autre.

La justice, elle, où est–elle pour rendre la justice ? Un gouvernement sans Ennahdha serait un soulagement pour les Tunisiens, a expliqué Zouhaier Maghzaoui du mouvement Echaab. Il a tout à fait raison, sauf que ses compagnons et lui auraient dû le savoir avant et pas après.

Invoquer le Très-Haut pour insulter et si possible brimer, est le pire des alibis. Dix ans de démocratie balbutiante sous haute tension est déjà trop. S’essayer à la libre création et le payer cher. C’est comme ça que fonctionne la justice revue et corrigée par les bons soins de l’orthodoxie la plus castratrice.

Un terroriste au centre de confinement de Monastir…

On devrait expliquer à tous nos karamistes en herbe et à leurs maîtres à penser que dans l’effort de création artistique, on peut toujours faire preuve de grande déférence à l’égard du Tout-Puissant sans jamais altérer son message. L’art dans le Coran expliqué aux nuls ou comment être utile dans un environnement de l’inutile. Quand les sit-inneurs d’El Kamour narguent le Président de la République et ce qui reste de l’Etat en prend un sérieux coup. Quand le culot change de camp. De la paupérisation des masses laborieuses à la clochardisation de l’autorité suprême, le pas a déjà été franchi. Un terroriste au centre de confinement de Monastir, il ne manquait plus que cela ! Pire que le coronavirus ! Substitution quand tu nous tiens.

Depuis dix ans que l’on s’acharne sur cette chose appelée ouverture pour la remplacer par un obscur machin qu’on prénomme fermeture. En plus de l’aspect matériel, jusqu’où ira l’appauvrissement moral et intellectuel ?

Sectaires et fiers de l’être ceux qui se sont érigés en représentants de Dieu sur terre et qui veulent parler en son nom.  Il est vrai que ces gens-là ne font rien au hasard. Mais comment arrêter une régression déjà bien entamée, alors que ses initiateurs ont juré d’achever ce qui reste de cette Tunisie plurielle et singulière ?

Il faut savoir ce que veulent vraiment les Tunisiens pour eux-mêmes et pour leur pays. Dire encore une fois que l’heure a sonné pour faire un choix et dire quel type de société et quel type de développement on veut, ne serait pas de trop à un moment aussi crucial de l’histoire de la Tunisie. Il n’y a pas que le Président de la République pour siffler la fin de la partie…

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