En attendant de connaître le futur Chef du Gouvernement

La Réforme Gouvernement

C’est comme si quelque chose se préparait à l’ombre, une braise qui se consumait à feu doux. Ce sentiment unanimement partagé ou presque bat désormais la mesure d’une attente qui s’enlise de plus en plus dans l’incertitude et l’incertain. Trop de choses, pour la plupart de mauvais augures, se bousculent au portillon de notre quotidien politique, social et économique.

Il est convenu que nous avons connu ces derniers temps des vertes et des pas mûres. Plutôt des pas mûres selon la majorité des tenanciers de salons politiques.  Il est convenu aussi  que l’heure se plie aux conjectures de tout acabit  et qu’elle nous réduit désormais au statut d’observateurs, impuissants, de notre propre déconvenue. Si tout cela est vérifié dans les propos de chaque jour, il est certain au vu des données de dernière minute, concernant le chef du gouvernement que le sourire n’est pas à l’ordre du jour dans la période à venir.

Le résultat est que nous nous trouvons aujourd’hui et plus que jamais au beau milieu d’un embouteillage dans un carrefour d’où on n’imagine pas la porte de sortie. Une  situation politique manifestement aux abois, de plus en plus précarisée du fait de multiples événements au contenu souvent contradictoire. Une tension sociale poussée à son extrême et un spectacle des plus désobligeants d’une assemblée législative, ouverte à toutes les hypothèses. Voilà un aperçu de la réalité que nous vivons en ces temps de vaches maigres. Tout cela greffé sur un tableau, dominé par l’attente du verdict du choix du chef du gouvernement que ferait le Président de la république à propos de la personnalité politique  qui serait chargée de la Présidence du gouvernement… l’ambiance est on ne peut plus tendue et anachronique même.  Le suspense qui s’en dégage ne manque pas de jeter l’huile sur le feu et ancrer, encore une fois, le malaise chronique de notre quotidien politique.

Le 25  juillet prochain, l’attente connaîtra son issue et  si tout marche comme il se doit, le nom de l’élu du choix présidentiel sera connu. Mais d’ici là, la tension bat son plein surtout avec les événements de dernières heures, lesquels brouillent davantage le tableau. A preuve les récentes déclarations du Président de la République qui sont passées en seconde vitesse par leur contenu, pour le moins que l’on puisse dire inquiétant et  alarmant par endroit.  Kais Said a, il faut le dire, pris l’habitude de pointer doigt ce qu’il a qualifié de « comploteurs ». Cette fois, il les a directement taxés  de «  collaborateurs qui complotent avec l’étranger pour dévier de la légalité ». Et d’annoncer tout haut que » celui qui complote contre l’Etat n’a pas sa place en Tunisie ».

Le message, pris sous cet angle, est on ne peut plus claire. Toutefois, il faut admettre que loin de tranquilliser, ces propos ont provoqué un sentiment de crainte chez certains. Les critiques ne se sont pas faites attendre pour attirer l’attention sur nette  la tendance à l’alarmisme dans le discours présidentiel. Une réflexion à alimenter les discussions à ce propos. Si des « collaborateurs il y a, pourquoi ne pas les poursuivre en justice puisque leurs comportements et « manigances » ont été découverts.

Il importe aussi de  constater qu’en procédant de la sorte, le Président de la République a tenu à annoncer la couleur pour le cours des événements à venir, d’où le passage à la vitesse supérieure dans  les propos qu’il a  tenu lorsqu’il a accueilli Ghazi Chaouachi , Ministre des domaines de l’Etat, , relatifs à l’affaire de l’accident de la route  de la voiture de fonction et  du P.V s’y référant.  L’allusion au ministre démis Anouar et à la voiture Q5  était on ne peut plus claire.

La particularité de tout cela c’est que les données enregistrées et particulièrement les déclarations présidentielles interviennent à un moment crucial, dominé par le rôle imparti constitutionnellement au Président dans le choix du chef du gouvernement. Un concours de circonstances exceptionnel qui  donne plusieurs sens à tout ce que nous vivons ces derniers temps.

Kais Said  a  tenu à être solennel lors de sa visite à Menzel Jmil mercredi dernier «  nous sommes déterminés à riposter à toute agression quelle que soit son origine  » . Et d’ajouter en substance que  la loi serait appliquée  à toute personne  sans exception. Il faut s’attendre donc à une approche présidentielle les jours à venir différente à tout ce qu’il nous a habitué jusque-là. La période en cours et qui a démarré hier aux premières heures de la journée  est présidentielle par excellence. Usant de son pouvoir constitutionnel, il est à même d’être à l’origine de bien de surprises si les choses venaient à se corser davantage. D’ailleurs, c’est ce qui semble se dessiner à l’horizon des échéances politiques prochaines.

 

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