Abdelmajid Zaar: il faut repenser le rôle de l’agriculture pour relancer l’économie

Agriculture tunisienne

La relance de l’économie tunisienne post Covid-19 requiert d’investir davantage dans les secteurs productifs. Dont l’agriculture qui contribue à hauteur de 14% au PIB. C’est ce qu’a souligné mardi le président de l‘Union Tunisienne de l’Agriculture et de la Pêche (UTAP), Abdelmajid Zaar.

« L’agriculture joue un rôle central dans la consécration de l’autonomie alimentaire. Malgré cela, elle demeure marginalisée par les décideurs politiques », a-t-il regretté lors d’une conférence de presse, organisée à Tunis. Et ce, à l’occasion de la présentation de l’étude « L’agriculture est la solution pour renforcer notre autonomie et développer notre économie ».

La production a augmenté de 26%

Evoquant les résultats de cette étude, Zaar a indiqué que le secteur a enregistré une hausse de 16%. Et ce, dans la production des légumes durant la pandémie de Covid-19 (mai 2020), par rapport à la même période de 2019.

Idem pour les fruits, dont la production a augmenté de 26%.
Bien que l’agriculture emploie 2,5 millions de personnes. Elle ne bénéficie que de 7% des financements bancaires. Dont 2% sont destinés aux petits exploitants, a-t-il déploré. Tout en soulignant que ce chiffre représente la moitié des financements destinés au tourisme et le tiers de ceux orientés vers les industries alimentaires.

Selon le président de l’UTAP, le secteur demeure également marginalisé en matière d’investissement. Faisant savoir que le financement des projets agricoles ne dépasse pas 16%. Sachant que la contribution de l’agriculture dans l’économie nationale est 4 fois supérieure à celle des industries de transformation et 3 fois supérieure à celle du tourisme.

D’après l’étude, qui sera présentée prochainement, aux trois présidences. Afin de repenser le rôle de l’agriculture dans le modèle de développement, le secteur souffre de défaillances résultant de politiques obsolètes des gouvernements qui se sont succédé ces dernières années.

Ces politiques ont entraîné la dégradation de la situation sociale des agriculteurs et des pêcheurs. Ainsi que la hausse de la dette outre la mauvaise gestion du système de stockage et de refroidissement.
Cela a également causé la destruction de près de 50 mille tonnes de produits agricoles d’une valeur de 35 milliards par an, toujours selon cette étude.
Dans laquelle l’UTAP a recommandé de promouvoir l’investissement et l’initiative privée dans le secteur agricole, de faciliter l’octroi de financements et de résoudre la question de l’endettement.

La nécessité de développer la recherche scientifique

Elle a, également, jugé indispensable de développer la recherche scientifique et la formation, d’autant que le ministère de l’Agriculture ne consacre que 0,7% de son budget à ce domaine.
L’organisation a également mis l’accent sur la nécessité d’améliorer la gouvernance des circuits de distribution, notamment à travers leur numérisation et de rationaliser l’importation afin de protéger la production nationale.

Elle a, en outre, souligné l’impératif d’emballer les produits agricoles. Et ce, afin de les valoriser et de moderniser la gestion des marchés de gros.
L’organisation agricole a, par ailleurs, suggéré de réviser à la hausse les quotas d’exportation. Et ce, en renforçant davantage l’accompagnement des femmes rurales et des jeunes.

D’autres recommandations ont été également formulées dans cette étude principalement. Le développement des filières de production ( céréales, lait, pommes de terre, dattes…). Ainsi que la promotion des semences et des pépinières locales.

Avec TAP

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