Tataouine – El Kamour : expliquer le malaise social en chiffres officiels

el kamour
Les gazs lacrymogènes enveloppent Tatatouine d’un épais nuage

Pour comprendre ce qui se passe dans le gouvernorat de Tataouine, il serait peut-être important de recourir aux chiffres. Sit-in El Kamour vient rappeler une vérité amère. Les chiffres relatifs aux développements régionaux, accès à la santé, infrastructure, emploi, éducation et tous les éléments de l’attractivité sont une piste importante pour comprendre ce qui se passe dans le gouvernorat du sud tunisien.

Des heurts ont éclaté dimanche dans tout le gouvernorat de Tataouine. Et ce,  pour condamner l’intervention sécuritaire musclée afin de mettre fin au sit-in d’El-Kamour. Une grève générale a été décrétée, lundi 22 juin 2020, par le comité administratif de l’Union régionale de Travail (URT) de Tataouine, relevant de l’UGTT. En effet, les sit-inners revendiquent l’application de toutes les clauses de l’accord signé entre eux et le gouvernement de l’Union nationale en juin 2017.

D’ailleurs, la réalisation de l’accord a été faite dans la douleur et dans le sang. Il fallait que Tataouine perde l’un de ses fils lors des affrontements avec les forces de l’ordre en 2017. Toutes les revendications de ces jeunes tournent autour de l’emploi, le développement régional et l’accès à la santé. Par ailleurs, le sit-in d’El Kamour est l’arbre qui cache la forêt. C’est l’expression d’un malaise social traduit par les chiffres officiels. Qu’on en juge.

Sit-in El Kamour rappelle que le chômage est  mère de tous les maux

En effet, les chiffres officiels de l’INS affirment une réalité peu enchanteresse. Il s’agit du chômage. Le gouvernorat de Tataouine  présente le plus fort taux de chômage du pays. Soit 32% correspondant à 15,4 mille chômeurs (premier trimestre 2017). Ce n’est pas un hasard si ces jeunes se sont insurgés pour revendiquer l’emploi. Convaincus qu’ils sont  que « l’Etat est le premier employeur ».

D’ailleurs, le chômage est exacerbé  dans le gouvernorat par l’absence d’infrastructures capables d’attirer les investisseurs locaux et/ou étrangers. Etant donné  l’enclavement géographique du gouvernorat et le manque d’opportunités.

Et si on parlait pauvreté ?

Chiffres officiels à l’appui. Dans son rapport, consacré au gouvernorat de Tataouine.  Intitulé «  l’Indicateur de développement régional : pointer les difficultés pour orienter les efforts et suivre le progrès (septembre 2012). On peut lire ce qui suit : « Le taux de pauvreté à Tataouine Nord, Dhehiba, Remada et Smar dépasse la moyenne par gouvernorat ». « Il est inférieur à la moyenne nationale pour la délégation de Ghomrassen. Mais dans toutes les délégations, il est supérieur à la meilleure délégation ». Pis encore, cette réalité, d’après le même rapport est appuyé par un autre constaté effrayant. « La plupart des délégations se situent au-dessus du niveau national pour le nombre de familles nécessiteuses par 1000 hab sauf Tataouine Nord. Le nombre de familles nécessiteuses par 1000 hab est très élevé dans la délégation de Dhehiba ».

Attractivité régionale : score et rang insuffisants

Le rapport sur l’attractivité  régionale  2018 affirme bel et bien la très faible attractivité du gouvernorat de Tataouine quant à l’investissement. Et ce, avec un score de 2,57/5 et un classement de 13/24. Le rapport affirme que les plus faibles performances du gouvernorat sont :

  1. Services d’hygiène (gestion de la pollution, qualité de l’air, propreté de la ville, …)* : 0,4
  2. Services à destination des personnes handicapées : 0,4
  3. Ratio de postes vacants/ Entreprises en activité* : 0,0
  4. Les réponses des hommes d’affaires interrogés, dans le cadre de la préparation du rapport, affirment la faible attractivité du gouvernorat.

 

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