Soupçons de prise illégale d’intérêts : Fakhfakh cède ses actions

Elyes Fakhfakh - l'économiste maghrebin

Ayachi Hammami,  ministre des Droits de l’Homme et des Relations avec les instances constitutionnelles, a affirmé que le chef du gouvernement a entamé les procédures en vue de céder ses participations au sein d’une société de l’environnement.

Après la polémique qui n’a cessé de prendre de l’ampleur depuis sa dernière sortie médiatique. Durant laquelle Elyes Fakhfakh a reconnu posséder 20% des parts d’une société de l’environnement. Il a fini par comprendre, en homme politique averti, que sa situation est intenable. Par conséquent, il a décidé de céder ses participations au sein de cette société dont il avait affirmé ne pas y être majoritaire.

C’est dans ce contexte que le ministre des Droits de l’Homme et des Relations avec les instances constitutionnelles, Ayachi Hammami, a déclaré hier vendredi sur les ondes de Mosaïque FM que le chef du gouvernement a entamé les procédures en vue de se désister des parts qu’il possède dans un groupe. Et ce, conformément à la loi sur la déclaration du patrimoine et le conflit d’intérêts. « M. Fakhfakh a déclaré ses biens et son patrimoine depuis sa prise de fonction et a abandonné la gestion du groupe depuis un certain temps. Ce qui l’attend au service de la Tunisie est bien plus important », a souligné Ayachi Hammami.

Prise illégale d’intérêts

Justement, et c’est là que le bât blesse, le président de l’Inlucc, Chawki Tabib, avait affirmé, dans la matinée du vendredi 19 juin, que le chef du gouvernement se trouve dans une situation non conforme à la loi, en se basant sur le texte de loi 2018-46 relatif à la déclaration du patrimoine et des intérêts et la lutte contre l’enrichissement illicite et le conflit d’intérêts.

En effet, Chawki Tabib qui a adressé jeudi 18 juin une correspondance au chef du gouvernement à ce sujet, considère que la détention de parts d’une société qui, de surcroît,  est contractuelle avec l’Etat, constitue un conflit d’intérêts. Il a appelé par conséquent le chef du gouvernement à régulariser sa situation dans un délai d’un mois.

Pour sa part, le député Yassine Ayari a annoncé avoir déposé trois plaintes contre Elyès Fakhfakh l’accusant de détenir des actions dans une société dont l’unique client est l’Etat, ce qui constitue un cas avéré de conflit d’intérêts.

Que dire de cette nouvelle affaire qui écorne l’image d’un homme politique qui a fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille ?

Une question d’éthique

Qu’il s’agisse d’une problématique d’ordre éthique, cela ne fait aucun doute. En effet, il est tout à fait normal que les sociétés appartenant aux élus de la nation et aux responsables politiques évitent de faire du business avec l’Etat. Même s’il n’y a aucun texte de loi spécifique qui s’y oppose.

Disons-le clairement. Le Chef du gouvernement s’est mis lui-même dans une posture peu enviable. Car il aurait dû, dès sa prise de fonction, se retirer de la société et procéder à la cession de ses actions. D’autant plus que l’entreprise en question est spécialisée dans l’environnement avec l’État tunisien comme seul et unique client.

In fine, personne ne met en doute l’intégrité et le sens de l’Etat de M. Fakhfakh. Mais, il est dans l’intérêt du responsable politique, dépositaire de l’autorité publique et chargé d’une mission de service public, d’éviter de se trouver dans la situation embarrassante que pourrait créer un conflit d’intérêts.

Il y va des fondements de la République.

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